Aylan Afir
12/11/2019 09:58

Kabylie : le pouvoir en démonstration de force à Tizi Ouzou

Le limogeage hier dimanche 10 novembre du recteur de l'université de Tizi Ouzou, en Kabylie, le professeur Ahmed Tessa n'a pas été expliqué par le ministère de l'enseignement supérieur. D'ailleurs, d'aucuns ont lié cette fin de mission à la visioconférence animée par le chef de file des séparatistes, Ferhat Mehenni, le 28 avril dernier, à l'auditorium de l'université.

A l'époque, cette conférence a provoqué une polémique, notamment avec des islamistes et autres médias arabophones, mais elle a vite été oubliée. Comme si l'on a donné des orientations pour que la polémique tourne court. Et que l'histoire de cette visioconférence s'efface de la scène politique et médiatique au plus vite.

Mais plus de six mois plus tard, la décision de relever le recteur de Tizi Ouzou est venue rappeler que les pratiques d'avant février n'ont pas encore disparues. Pour les décideurs, il s'agissait finalement de calmer les esprits et faire oublier "l'incident",  avant de faire parler la force du pouvoir. Il ne fallait surtout pas que les étudiants comprennent que Ahmed Tessa paie pour le déroulement de cette conférence du leader séparatiste. Pour empêcher notamment des troubles au sein de l'université ou même à l'extérieur.

Le limogeage du recteur devait attendre

Cependant, une autre explication est possible. Le pouvoir a ajourné sa réaction au déroulement de la fameuse visioconférence, parce qu'ils n'était pas vraiment homogène. Abdelaziz Bouteflika venait de démissionner et ses partisans étaient encore dans les rouages de l'Etat. A l'époque, la série de mandats de dépôt contre les anciens ministres du président déchu n'avait pas encore commencé. On a même vu certains échanges qui exhibaient les dissensions du sérail, devant un peuple en mouvement, mais ébahi.

Et si le recteur de l'université de Tizi Ouzou, en Kabylie, a été remercié, c'est que les décideurs ont réussi à rétablir leur homogénéité. Tant de Premiers ministres et de ministres écartés et emprisonnés. Tant de généraux écartés et incarcérés pour qu'ils se sentent enfin soudés et prêts à régler leurs comptes aux auteurs de "dérapages".

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Reprendre des forces et mener le coup de force

Affaiblis par le Hirak du peuple algérien et déboussolés par son ampleur, les détenteurs du pouvoir en Algérie sont en train de reprendre des forces aujourd'hui. Ils se permettent même ce coup de force électoral contre un peuple réfractaire à la présidentielle imposée. C'est une preuve qu'ils ont repris des forces qui leur permettent aujourd'hui d'agir contre le professeur Tessa. D'ailleurs, il y aura encore d'autres limogeages parce que dans leur esprit, il n'est pas uniquement question de représailles. Il s'agit aussi de remettre de l'homogénéité à tous les niveaux de l'Etat pour éviter tout grain de sable au scrutin du 12 décembre.

Lire aussi : Kabylie : Les dessous du limogeage du recteur de l'université de Tizi Ouzou

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  • Il n'y aucune démonstration de force de la part du pouvoir mais juste l'application de la loi qui donne un pouvoir au chef de l'état de destituer un recteur et de nommé un autre. Dans une vraie démocratie, un recteur est élu par les professeurs, les étudiantes et les étudiants ainsi que les employés alors vivement qu'une démocratie s'installe dans notre pays.

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