Algérie : Les avocats marchent vers le Conseil constitutionnel

Les avocats d’Alger marchent, en ce jeudi 7 mars, depuis le ministère de l’Énergie à Val d’Hydra jusqu’au Conseil constitutionnel à Ben Aknoun, pour protester contre le cinquième mandat de Abdelaziz Bouteflika.

Les robes noires ont décidé de marcher aujourd’hui 7 mars vers le Conseil constitutionnel pour transmettre une lettre de revendication à Tayeb Belaiz, dans laquelle ils l’appellent à « prendre ses responsabilités historiques de répondre favorablement à la volonté du peuple en respectant l’esprit et les dispositions de la Constitution ».

Le barreau d’Alger avait lancé un appel à tous les avocats pour venir vêtus de leurs robes noires. La marche a commencé ce matin à 10 h à Val d’Hydra, et les a menés jusqu’au Conseil Constitutionnel à Ben Aknoun.

Les avocats s’engagent a défendre gratuitement les manifestants arrêtés

Le conseil de l’Ordre des avocats d’Alger a pris une décision suite à une réunion qui s’est déroulée le 5 mars au siège de l’ordre. Mais surtout suite à la situation dans laquelle les citoyens se voient plonger. Il a ainsi été décidé d’ouvrir une permanence des robes noires, volontaires et bénévoles pour défendre les manifestants pacifiques qui ont été arrêtés lors des protestations contre le cinquième mandat.

Cette demande a été introduite par le bâtonnier des avocats à Alger ce matin au conseil de l’Union nationale des ordres des avocats. Un appel a également était lancé aux autres organisations pour qu’elles en fassent autant. Dans ce contexte, un registre a été ouvert au niveau du secrétariat de l’ordre, pour l’inscription des volontaires et bénévoles. Une vingtaine de personnes ont déjà inscrit leurs noms lors de cette première journée.

En réponse à notre question sur le nombre de personnes qui seront défendues par ce collectif d’avocats, Maître Lakhdari Mouenis nous a affirmé que « durant toute la semaine, des avocats se sont portés bénévoles pour défendre des individus arrêtés pendant les manifestations. Cela signifie que nous avons commencé à nous mobiliser avant que la décision de l’ordre ne soit rendue publique. Hier, mercredi 6 mars, le dossier d’une personne arrêtée a été pris en charge par des avocats. Ce manifestant sera dignement représenté ».