khaled Bel @ObservAlgerie
22/11/2019 19:32

En Algérie, des marches grandioses et dure journée pour les candidats

Le 40ème vendredi depuis le début du Hirak algérien et le premier de la campagne électorale pour les élections présidentielles en Algérie, a été marqué par des manifestations géantes contre cette échéance électorale, à travers pratiquement l’ensemble du pays. La campagne électorale pour les élections du 12 décembre prochain passe complètement inaperçue devant l’ampleur des manifestations contre le régime.

Des centaines de milliers de personnes ont battu le pavé dans plusieurs grandes villes algériennes. La capitale Alger a été le théâtre d'une autre grandiose marche. La 40ème consécutive. L'ambiance est palpable dans la majorité des grandes villes du pays. De Annaba à Oran jusqu'à Constantine et Sétif. Le mot d'ordre est le même : « Le départ de tout le système » et « le rejet des élections présidentielles du 12 décembre ».

Les deux grandes villes de Kabylie, Tizi Ouzou et Béjaia, n'en dénotent pas. Les marches de vendredi ont drainé des foules nombreuses tant dans la ville des genets que la capitale des Hammadites.

La campagne électorale se déroule dans un climat très tendu

Les cinq candidats qui sillonnent le pays cherchent désespérément une oreille attentive à leurs discours. Fuyant le nord du pays, où plusieurs millions d’Algériens ont manifesté, dans différentes wilayas contre les élections du 12 décembre prochain. Les prétendants au Palais d’El Mouradia préfèrent le calme des villes du sud du pays pour prêcher dans le désert.

Les discours des cinq candidats ont tous un point en commun. Ils sont marqués de surenchère et de populisme qui ne passe plus aux yeux des algériens.

Abdelkader Bengrina, le candidat qui passe le plus comique parmi les cinq a failli provoquer l’émeute dans la wilaya d’El Bayadh, où il s’est rendu ce vendredi. Le candidat qui s’est fait connaitre aux algériens en faisant sa prière sur un trottoir dans la wilaya de Boumerdès devant un parterre de caméras s’est attaqué, cette fois-ci, à l’Union européenne, lui reprochant de « vouloir deviser le pays ». Figure importante de l’ancien régime, décrié dans la rue, Bengrina veut se refaire une virginité auprès des algériens en adoptant un discours aux relents populistes qui ne passent pas auprès des algériens. A l’heure ou nous mettons cet article en ligne, le candidat est encerclé par des centaines de citoyens de la ville d’Aflou, où il s’est réfugié dans son hôtel. Une source locale précise à Observ'Algérie que plusieurs manifestants ont été arrêté.

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Le candidat du RND, Azeddine Mihoubi s’est rendu, ce vendredi à Illizi. Ayant évité de parler des sujets « sérieux » ou qui fâchent tel le gaz de schiste, la marginalisation des gens du sud et leur exclusion des programmes de développement. Mihoubi s’est contenté de dire à la vingtaine de personnes qui daignent l’écouter que dans son programme, il va « accorder une grande importance au sud algérien, et à ses habitants », en leur demandant d’aller voter le 12 décembre prochain.

Le candidat Abdelaziz Belaid, quant à lui, s’est rendu en catimini à Oran. Celui-ci s’est donné la promesse de faire une « une nouvelle constitution qui répond aux standards du peuple ». Sans pour autant y aller dans le détail de ce projet. Abdelaziz Belaid qui ne tari pas d’éloges pour cette ville phare de l’ouest du pays, est allé jusqu’à promettre de faire d’Oran une ville « exceptionnelle, ou les touristes étrangers peuvent y venir sans visa ». Une promesse, encore une fois, aux relents de paroles creuses.

Pour sa part, Ali Benflis, candidat du parti Talaie El Hourriyet s’est rendu dans la wilaya de Tiaret. Il a animé un discours dans la salle de la Maison de la Culture de la ville. Devant une salle à moitié vide, et alors que des milliers de citoyens de la même ville manifestent contre les élections. Ali Benflis a appelé à la nécessité du « renforcement du front interne sur la base de la confiance placée dans les institutions de l'Etat, l'unité entre le peuple et son armée et la préservation de l'Etat national ». L’Orateur met en garde contre « la vulnérabilité de ce front, si le pays demeure sans président de la République pour une longue durée".

De son coté, Abdelmadjid Tebboune, qui s’est rendu dans la wilaya de Constantine a tenu son meeting à la salle le Zénith de cette ville. Le candidat qui fait face à une campagne de dénigrement féroce de la part du groupe médiatique Ennahar, a promis, s’il est élu, « La révision de la Constitution et du Code électoral pour la consécration de la séparation des pouvoirs et la consolidation des institutions, ainsi que pour favoriser la transmission du flambeau aux jeunes ». Ayant fait toute sa carrière au sein de l’ancien régime, ou son dernier poste qu’il a occupé fut celui de premier ministre. Abdelmadjid Tebboune déclare que la tenue des élections présidentielles est  « un impératif national pour sauver le pays des menaces qui le guettent et barrer la route aux comploteurs ».

A noter qu’un grand nombre de citoyens sont arrêtés par les services de sécurités dans chaque étape ou les candidats font une halte.

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