Algérie : Des personnalités nationales proposent un projet de sortie de crise

15/10/2019 14:20

Plusieurs personnalités nationales, dont Ali Yahia Abdenour, Ahmed Taleb Ibrahimi et Ahmed Benbitour ont lancé une nouvelle initiative pour une sortie de crise. Ils sont 19 à signer une déclaration rendue publique aujourd’hui 15 octobre. Ces acteurs politiques appellent à un véritable dialogue incluant toutes les parties.

Rejet des élections du 12 décembre

Les signataires ont rejeté les élections présidentielles prévues le 12 décembre prochain. Ils considérant que le climat n’est pas propice à ces échéances. Ils estiment qu'« il n’est pas possible d’envisager de véritables élections dans ces conditions ». Ils avertissent que « s'aventurer dans une élection présidentielle suivant ce qui a été annoncé et à la date fixée, sans un consensus national préalable incluant toutes les parties, c’est faire un saut dans l’inconnu. Attiser la colère de la rue et aggraver la crise de légitimité du pouvoir. Ce qui ouvrirait les portes devant les ingérences et les injonctions étrangères, inacceptables dans tous les cas et sous quelque forme que ce soit ».

Pour de réelles élections en Algérie

La déclaration signée par des personnalités de différents univers précise leur vision sur le scrutin présidentiel. « Nous ne concevons la prochaine élection présidentielle que comme la consécration d’un processus de dialogue et de consensus », écrivent-ils.

Ils expliquent que l'Algérie « a besoin de la conjugaison de toutes les bonnes volontés pour sortir avec une vision unifiée qui fera de la prochaine présidentielle, non pas un moyen de maintenir le système même sous une nouvelle forme, mais le début d’une vie politique nouvelle, dans le cadre de l’unité nationale qui se renforce par sa diversité culturelle et politique. Et qui dissipera les appréhensions de l’institution militaire vis-à-vis d’un pouvoir civil constitutionnel ».

Les signataires invitent les décideurs à « ne pas être en porte-à-faux avec l’aspiration du peuple au changement pacifique ». Et à « ne pas priver les générations patriotes post-indépendance d’édifier un État moderne dans l’esprit rassembleur de Novembre ».

Ali Yahia Abdenour et les personnalités soutenant ce projet estiment que l'Algérie est arrivée à cette impasse politique à cause des pratiques du « pouvoir individuel » ainsi que le recours à « la fraude et l’annonce de faux résultats » à chaque élection. Ils dénoncent la volonté du pouvoir réel d’effectuer « un passage en force » avec cette échéance électorale.

Ils demandent des mesures d'apaisement et l'ouverture d'un dialogue inclusif

Les signataires appellent le pouvoir à mettre en œuvre des mesures d’apaisement dont « le départ des symboles du système », « la libération immédiate et sans conditions des détenus d’opinion », « le respect de la liberté de manifester pacifiquement » et de « la liberté d’expression notamment dans le secteur audiovisuel public et privé », « la levée du blocage des accès à la capitale. » ainsi que « l’arrêt de toutes les poursuites judiciaires contre les manifestants ». Ils concluent par un appel aux manifestants à « la vigilance et la retenue » et aux décideurs à  l'ouverture d'un dialogue national inclusif.

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