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Algérie : Mostefa Bouchachi appelle à une ouverture démocratique

24/04/2019 12:24

L'avocat et militant des droits de l'Homme Mostefa Bouchachi a tenu une conférence-débat, en ce 24 avril, à l'Université de Tizi-Ouzou. Dans son discours, Maître Bouchachi appelle à une ouverture démocratique en place et lieu d'une transition démocratique, soutenant qu'une « transition rapide amènerait un président faible ».

Rappel du rôle de la Kabylie à travers l’Histoire

Bouchachi a commencé son intervention par un rappel du rôle joué par la Kabylie dans les luttes démocratiques « la révolution que nous vivons, la wilaya de Tizi-Ouzou l’a connue depuis presque 40 ans, elle est le prolongement des initiatives qui l’ont précédé. L’université de Tizi-Ouzou a toujours été à l’avant-garde, cette région a toujours milité pour la liberté et la démocratie depuis 1962 et continu de lutter.

Les raisons de la révolte populaire

Mostefa Bouchachi est revenu sur les raisons de l’insurrection populaire « notre peuple a ressenti un sentiment d’humiliation devant les peuples du monde » il ajoute que ce mépris affiché par « un système politique qui a un seul programme, qui est de détruire le pays, il n y a pas eu de mauvaise gestion, ils sont venus pour tout détruire et casser le citoyen algérien, ils ont même osé présenter un cadre aux présidentielles de 2014 », ce qui a fait réagir la rue qui en avait marre de toutes les mascarades.

Période de transition et constitution

Maitre Bouchachi a profité de l’occasion pour faire une rétrospective du mouvement, il est revenu sur cette période de transition qui selon lui est « conduite par ceux que l’ex-président a désigné ». Il remet en cause les textes de la loi fondamentale du pays sur lesquels « on ne peut s’appuyer. Elle est faite à l’époque de la dictature. On ne peut utiliser des lois mises en place par ce régime ».

Des pistes pour une alternative

Parlant de l’alternative, Bouchachi propose une direction collégiale qui mettra en place les mécanismes d’une transition sereine. Cette instance commencera par rédiger des textes de lois qui vont permettent des élections libres et démocratiques. Il préconise aussi l’installation d’une commission indépendante pour l’organisation d’élections présidentielles. Pour le défenseur des droits de l’Homme une période de transition courte ne pourra produire qu’un président faible.

Structuration du mouvement

Bouchachi refuse la structuration du mouvement populaire dans cette période, il s’appuie sur la mauvaise expérience du mouvement citoyens de 2001 en Kabylie, « l’expérience de la Kabylie nous a appris que c’est dangereux de structurer le mouvement maintenant ».

Le rôle de l’armée

À une question posée par un intervenant sur le rôle de l’armée l’avocat est catégorique « le vice-ministre entre-passe ses prérogatives et veut s’accaparer la révolution populaire qu’il dit accompagner, sinon comment comprendre son soutien au gouvernement de Bedoui rejeté par la population ainsi que la conférence de Bensalah boycottée par la classe politique pour ne pas être contre le peuple ».

La justice et l’arrestation de Rebreb

Mostefa Bouchachi conclu son intervention sur un sujet brulant dans l’actualité, qui est la mise sous mandat de dépôt de Issad Rebrab PDG de Cevital. Il déclare : « je condamne cette justice sélective et vengeresse, on ne peut juger des personnes dans cette phase de flou, des mesures conservatoires doivent être prise pour empêcher la fuite des capitaux et des hommes soupçonnés de corruption. Mais la justice ne pourra faire son travail que quand une véritable démocratie sera consacrée ». Il ajoute que « l’arrestation de Rebreb est une provocation a toute une région, elle vise a semer la division au sein de la révolution », Bouchachi appelle a « la vigilance pour déjouer ce plan régionaliste et malsain ».

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