Aylan Afir
18/10/2019 12:28

Algérie : L'étrange silence autour de l'emprisonnement d'Issad Rebrab

À l'exception de la marche populaire du 4 mai, organisée par le comité de soutien à Cevital, et qui a rassemblé des centaines de personnes à Béjaïa, ainsi que les différentes dénonciations dans la presse et les réseaux sociaux, personne n'évoque Issad Rebrab, qui se trouve à la prison d'El Harrach depuis le 22 avril dernier.

Même le comité de soutien aux travailleurs de Cevital, né à la suite des blocages que l'entreprise subit depuis quelques années, ne donne plus signe de vie. Pourtant, c'est ce comité qui a organisé la manifestation du 4 mai à Béjaïa, en Kabylie. Ce collectif dirigé par un jeune cadre de l'entreprise, Mourad Bouzidi, n'intervient plus ni dans les médias ni sur les réseaux sociaux. Pourtant, à l'époque, même la JSK a appelé à une marche de soutien à Rebrab.

La seule information qui a circulé dans les médias est relative à son audition devant un juge d'instruction de Sidi M'hamed, et ce, le 30 mai dernier. Entre temps, le groupe Cevital et ses 26 filiales poursuivent leurs activités sous la direction de Malik, le fils cadet d'Issad Rebrab, installé moins d'un mois après l'arrestation de son père. C'est dire qu'en matière de management, la famille Rebrab ne perd pas de temps.

Même Cevital ne parle pas de Rebrab

Ce silence autour de l'incarcération du patron de Cevital contraste parfaitement avec le bruit fait autour des oligarques du clan Bouteflika, à l'instar de Ali Haddad, Mahieddine Tahkout et les frères Kouninef. Du bruit autour des accusations de corruption qui pèsent sur eux, mais aussi sur les hauts responsables de l'État impliqués dans leurs affaires, le sort des travailleurs de leurs nombreuses entreprises.

Rebrab n'est pas un oligarque, selon Cevital

La seule fois où l'entreprise a réagi, c'est quand elle a répondu à un article du quotidien arabophone El Khabar, qui a mis Issad Rebrab et Cevital parmi les oligarques et les « entreprises oligarchiques ». L'article a même présenté Issad Rebrab comme faisant partie de la « ploutocratie » de l'ère Bouteflika. C'était en août et c'était une occasion pour Cevital de rappeler que l'entreprise et son PDG étaient les grandes victimes de l'ère Bouteflika.

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Des discussions pour libérer Rebrab ?

C'est ce qui fait dire à certains observateurs politiques que les autorités actuelles discuteraient avec lui une éventuelle libération. Ce qui expliquerait le silence de l'entreprise, mais aussi et surtout de ses avocats. L'on ignore cependant la teneur des discussions et si elles existent réellement.

En tout cas, le groupe Cevital a démontré que son fonctionnement se poursuit malgré l'emprisonnement de son patron, contrairement aux oligarques dont les entreprises ont eu besoin d'un administrateur de l'État.

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