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En Algérie, les juges assument l'emprisonnement des militants du Hirak (VIDEO)

01/11/2019 13:36

L'emprisonnement des militants du Hirak en Algérie serait la décision libre des juges. C'est ce qu'affirme le président du syndicat national des magistrats (SNM) M. Issaad Mabrouk. Le premier homme dudit puissant SNM nie toute ingérence : « je serais franc avec vous. J'ai cherché et j'ai demandé à ce qu’on me dise si un juge a reçu des instructions. Je n'ai trouvé aucun », a déclaré M. Issaad Mabrouk devant la presse. (Voir vidéo ci-dessous).

Les juges assument-ils la détention des détenus d'opinion en Algérie ? Oui, répond le président du syndicat des magistrats, en précisant que cette responsabilité est « individuelle ». Selon lui, chaque juge assume la décision qu'il a prise. « Il y a aussi des juges qui ont libéré des détenus d'opinion. On n’en parle pas ; on parle que de ceux qui ont mis d'autres en détention », dénonce M. Issaad Mabrouk.

Le Hirak a-t-il libéré les juges algériens ?

Ainsi, Issaad Mabrouk et son syndicat très représentatif des magistrats, en grève depuis cinq jours, dédouane « le pouvoir » de toute ingérence dans le travail de ses adhérents juges. Un pouvoir dont les centres d'influence ont bougé considérablement depuis la destitution de Abdelaziz Bouteflika. En revanche, les mécanismes et le dogme du pouvoir régissant le système et ses institutions n'ont pas changé.

Un pouvoir représenté par le ministre de la Justice, garde des Sceaux et vice-président du haut conseil des Magistrats, M. Belkacem Zeghmati. Un ministre dont la gestion est fortement contestée par les juges. Ces derniers déplorent une politique revancharde et une instrumentalisation de leurs carrières pour museler leur libre arbitre dans la pratique de leurs fonctions.

En effet, l'élément déclencheur de la révolte des magistrats est le mouvement annoncé par leur tutelle. Une grève avec des revendications socioprofessionnelles. Celles-ci débauchent, par contre, inéluctablement sur la question de l'indépendance de la justice en Algérie. Notamment, les pressions sous-jacentes que subissent les magistrats.

Ainsi, même si la question des détenus d'opinion est renvoyée par M. Issaad Mabrouk à la responsabilité individuelle des juges. « Cette même responsabilité est muselée par les conditions du travail des magistrats », déplore le syndicat dans d'autres communications.

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  • J'ai presque envie de vous croire sauf que vous ne respecter pas la loi, puisque les manifestants avec le drapeau amazigh sont emprisonnés alors qu'il n'y a aucune loi qui l'interdit, vous vous attaquez qu'aux animateurs du hirak et les adversaires politiques de ce régime, vous vous attaquez aux corrompus mais pas tous alors qu'en est il des militaires corrompus et les entreprises étrangères impliquées dans les affaires de corruption ! Et les juges corrompus,vous en faites quoi? Après les officiers supérieurs de l'armée et surtout le carré rapproché de Gaid qui sont les plus corrompus, il y a la justice (juges et procureurs) !

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