Aylan Afir
04/07/2019 16:33

Algérie : Karim Tabbou tire à boulets rouges sur une partie de la classe politique

Algérie - Le coordinateur de l'UDS, non agréé, Karim Tabbou, a tiré à boulets rouges sur une partie de la classe politique. Dans un entretien accordé au quotidien El Watan hier 3 juillet, Karim Tabbou a dénoncé les partis politiques qui n'ont pas condamné la campagne de répressions qui s'est abattue sur les manifestants, particulièrement sur Lakhdar Bouregaa.

« Je le dis avec regret ; une partie de la classe politique considère que son avenir dépend beaucoup plus de sa compromission avec le pouvoir que dans son engagement dans le cadre de cette révolution » a asséné l'ex-cadre du FFS, louant toutefois « toutes les initiatives politiques qui apportent de nouvelles idées au débat ».

Karim Tabbou précise, dans le même sillage, que « certains partis ne dénoncent pas les atteintes aux libertés et l’intrusion du chef d’état-major sur la scène politique ». Comme l'arrestation des manifestants, particulièrement les militants politiques et l'opposant et ancien commandant de l'ALN Lakhdar Bouregaa.

Karim Tabbou contre les partis sectaires

D’ailleurs, certains dirigeants ont cessé d’exiger le retrait de l’Armée des affaires politiques, indique Tabbou. Ils font également des concessions sur la nécessité d’engager le pays vers un processus de transition :

« Certains développent même un discours aux relents sectaires, voire même régionalistes en croyant apporter de l’eau au moulin des tenants du pouvoir actuel ».

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Pour lui, des partis cèdent sur les libertés, le droit et les principes élémentaires de la politique. Ils cessent donc d’être des partis politiques et deviennent des partis satellites du pouvoir, accuse encore Karim Tabbou.

« Personnellement, je suis scandalisé par l’attitude de certains partis politiques qui soutiennent les discours du chef d’État-major et ne trouvent même pas d’intérêt à dénoncer les arrestations, la brutalité politique, l’embargo sur Alger, les attitudes hostiles des services de sécurité envers le hirak ».

Le patron de l'UDS affirme par ailleurs que l'opération « mains propres » n'est pas une véritable lutte contre la corruption. « Une véritable lutte contre la corruption ne peut être menée que dans un cadre démocratique et transparent par une justice indépendante », souligne-t-il. Une justice « qui n’obéira à aucune injonction et ne se soumettra à aucune pression ». Pour Karim Tabbou, c’est « une lutte d’une partie du pouvoir, qui prend la place d’une autre partie du pouvoir ».

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