Algérie : l’appel dangereux de Rachid Nekkaz

Rachid Nekkaz
Rachid Nekkaz

Rachid Nekkaz, le tonitruant candidat à l’élection présidentielle avortée du 18 avril continue à faire parler de lui de façon insolite. Cette fois, c’est à un jeu dangereux qu’il s’adonne, en appelant les manifestants à marcher vendredi 22 mars vers le siège de la Présidence de la République.

« Marcher sur El Mouradia »

Dans une vidéo publiée sur sa chaîne YouTube, Rachid Nekkaz, qui a déposé son dossier de candidature au nom d’un homonyme pour contourner la loi qui lui interdit de se présenter, dénonce le report de l’élection présidentielle et insinue que cette action visait à l’empêcher de gagner le scrutin.

« Nous allons ensemble, la main dans la main avec des dattes, vous savez que les dattes sont un symbole algérien, du Sud algérien. Nous allons prendre un thé à El Mouradia et construire la deuxième République », affirme Rachid Nekkaz, précisant que cela va être fait « d’une manière pacifique et civilisée ».

« Fonder un gouvernement provisoire »

Mieux encore, l’homme d’affaires, qui a fait fortune en France dans le secteur de l’immobilier, compte, à l’occasion de cette manifestation du 22 mars, mettre sur pied un gouvernement provisoire.

« Nous allons faire comme le père de l’Algérie, Ferhat Abbas, qui a été trahi en 1962 et mis en résidence surveillée pendant dix-huit ans. Le 22 mars à 15 heures, nous allons installer un gouvernement provisoire d’une manière pacifique, d’une manière civilisée. Ici, ce n’est pas la Syrie, ce n’est pas la Libye. Ici c’est l’Algérie ; le pays de Larbi Ben M’hidi », a fait savoir Rachid Nekkaz.

« Le nouveau gouvernement est illégitime »

Pour lui, le système ne veut pas entendre le peuple. Au lieu de répondre aux revendications populaires, il installe un nouveau gouvernement. « Ils ont installé Bedoui comme Premier ministre, c’est lui qui m’a mis en résidence surveillée depuis 2016. Et Lamamra comme vice-Premier ministre, et c’est lui qui m’a empêché de me présenter aux législatives de 2017 », estime-t-il.

« Le peuple algérien n’a aucune confiance en ce système corrompu qui ne respecte même pas sa propre Constitution », souligne Rachid Nekkaz, en ajoutant que « le système doit laisser le peuple choisir ses représentants ».

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