Biens des Juifs en Algérie : Quand Israël suscite la polémique

Montage: Drapeau algérien et drapeau Israélien
Montage: Drapeau algérien et drapeau Israélien

La polémique enfle même si l’Algérie ne figure pas dans la liste des pays auxquels Israël compte réclamer une indemnisation au profit des Juifs expulsés à l’aube de la création de l’État hébreux.  Un sujet sensible qui rappelle le départ des Juifs algériens après l’indépendance et la cause palestinienne qui jouit d’une forte compassion dans le pays.

En effet, la ministre israélienne de l’Égalité sociale, Gila Gamliel, a annoncé la volonté de son pays à faire payer pas moins de 250 milliards de dollars à sept pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. « Le temps est venu de corriger l’injustice historique des pogroms contre les Juifs, qui ont eu lieu dans sept pays arabes et en Iran, et de leur restituer les biens auxquels ils ont droit » a-t-elle annoncé, selon des médias israéliens.

L’annonce concerne donc sept pays : la Tunisie, la Libye, le Maroc, l’Égypte, la Syrie, l’Irak, le Yémen et l’Iran. Un cabinet international aurait été engagé pour évaluer les biens appartenant à des centaines de milliers de Juifs expulsés de ces pays à l’aube de la création d’Israël.

Sujet Tabou en Algérie

Cependant, même si l’Algérie n’a pas été mentionnée par la ministre israélienne, la polémique enfle sur la possibilité que le pays soit à l’avenir inclus, vu l’histoire tumultueuse que la communauté juive a vécu en Algérie, pendant et après la colonisation française. Une page d’histoire qui reste taboue et qui n’a jamais fait sujet d’un débat dépassionné.

Plusieurs milliers de Juifs algériens ont été contraints à quitter le pays après le départ de la France coloniale. Ces Juifs étaient naturalisés français et jouissaient du droit à la citoyenneté française, contrairement aux autres algériens réduits à l’indigénat. Ils avaient le même statut que les Européens d’Algérie – dits pieds-noirs – et étaient traités de la même manière par la population après la guerre de libération.

Si le contexte de départs des Juifs algériens – principalement vers la France, mais aussi vers Israël – reste différent des autres pays susmentionnés, l’opinion publique algérienne, elle, est fortement hostile à leur retour. Une hostilité manifestée à chaque tentatives de rapprochement avec les autorités algériennes. Ceci dit, la Décennie noire et la montée de l’islamisme, vers la fin des années ’80 et début des années ’90, a fortement accentué les craintes de la communauté juive et a poussé à l’exode le peu qui était resté.

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