Des sans-papiers algériens retenus dans des conditions inhumaines en France

Centres de rétention administrative (CRA) en France.
Centres de rétention administrative (CRA) en France.

Une centaine de migrants sans-papiers dont des algériens sont actuellement retenus dans plusieurs Centres de rétention administrative (CRA) en France. Ils observent depuis plusieurs jours une grève de la faim pour protester contre leurs conditions d’arrestation et de rétention

Depuis le 3 janvier, des migrants de différentes nationalités, retenus dans plusieurs centres de rétention en région parisienne, ont décidé d’observer une gréve de la faim afin d’alerter sur les violences policières, sur leurs conditions de rétention et pour exiger leur libération.

«Même les animaux sont mieux traités que nous», a déploré un sans-papier algérien à  » Infos Migrants » un site français destiné aux migrants. «Nous sommes considérés comme des prisonniers alors qu’on a juste des problèmes de papiers. Même en prison, ils sont mieux traités que nous» a-t-il assuré. Présent au centre de rétention de Mesnil-Amelot à Paris depuis 12 jours, ce jeune algérien de 22 ans a passé quelques mois derrière les barreaux avant d’être envoyé en CRA.

Les grévistes de la faim disent ne plus supporter la saleté des locaux, notamment les douches, toilettes et chambres. «On peut se laver mais les douches sont bouchées, c’est dégoûtant», a-t-il expliqué encore, ajoutant que «les espaces ne sont pas régulièrement nettoyés, [on] vit dans la crasse».

Ces migrants sans papiers accusent également les forces de l’ordre de violence lors des transferts vers leur pays d’origine. «On est frappé, secoué même quand on ne se débat pas. De toute façon, comment voulez-vous qu’on résiste alors qu’il y a une dizaine de policiers autour de nous ?», s’est interrogé le jeune algérien.

Il existe à ce jour, 25 centres de rétention administrative sur le territoire français. Selon l’Agence France-Presse, le gouvernement d’Emmanuel Macron souhaiterait allonger la durée maximale de rétention à 90 jours – contre 45 actuellement. Une mesure qui suscite l’indignation de nombreuses ONG.

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