Enquête: L’inquiétante surconsommation de sucre en Algérie.

Alors que la conscience mondiale est en plein éveil sur les dangers du sucre et de sa consommation excessive, les teneurs en sucre algériennes quant à elles, sont très loin des normes mondiales. En effet, l’algérien consomme trois fois plus de sucre que la norme mondiale.

Depuis quelques années, les associations de protection du consommateur tire la sonnette d’alarme quant à la consommation du sucre en Algérie. Une consommation bien trop excessive avec des répercutions désastreuses sur la santé du consommateur. en 2016, le président de la Fédération algérienne des associations des diabétiques révèle que le taux des diabétiques algériens a atteint 12% alors qu’il était de 8% en 2003.

Sodas et jus de fruits: De la confiture liquide.

Pour le président de la Forem (fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche), le Pr. Khiati, les jus et  sodas vendus en Algérie sont qualifiables de « confitures liquides ». « On peut comparer certains jus et sodas à de véritables confitures liquides. Ils sont très sucrés. Avec 15 grammes de sucre par litre, voire même 18 grammes, c’est un grand problème de santé publique », s’est-il exprimé à la radio chaîné III.

Que font les autorités pour contrer ce fléau ?

En 2016, lors d’une rencontre sur l’étiquetage nutritionnel avec des représentants d’associations de protection du consommateur, le ministre du commerce, feu Bakhti Belaïb, a reconnu la situation déficitaire de l’Algérie, en insistant sur l’urgence d’élaborer de nouvelles réformes.

Pourtant, un an après, la question a été de nouveau évoquée par le nouveau ministre du commerce M. Benmeradi lors d’un colloque portant sur la diminution du sucre, du sel et des matières grasses dans les aliments, dans lequel il a souligné les dangers le la surconsommation du sucre. Il a par ailleurs insisté sur la nécessité d’imposer des étiquetages dans les produits alimentaires, en plus du travail sur la sensibilisation auprès des citoyens, mais sans pour autant qu’il y est de réelles suites.

La question reste aujourd’hui en suspend. Bien qu’une  prise de conscience se soit opérée, on ne peut ignorer la présence de lobbys qui maintiennent le rapport de force.