France : pour régulariser sa situation, un Algérien reconnait un enfant qui n’est pas le sien

Photo illustration : authentification de documents administratifs
Photo illustration : authentification de documents administratifs

France – Le tribunal d’instance de Denain (Valenciennes) a condamné, la semaine passée, un sans-papiers algérien à 18 mois de prison ferme pour avoir reconnu un enfant d’une mère célibataire française dans le but d’obtenir des papiers français, rapporte le journal Ouest France.

Le ressortissant algérien Abdelhakim D. a tenté de régulariser sa situation en reconnaissant à faux un enfant qu’il ne connaissait même pas. Les faits remontent à 2014, l’Algérien, en situation irrégulière en France depuis 2008, aurait proposé à une mère célibataire de reconnaître la paternité sur son fils en contrepartie d’une somme de 4 000 euros. Marché que la femme avait accepté à l’époque. L’enfant a donc été inscrit à l’état civil comme fils d’Abdelhakim, qui pouvait dès lors obtenir son titre de séjour en France. Seulement, la mère de l’enfant s’est rétractée quelques semaines plus tard et l’a dénoncé à la police.

Ce n’était pas juste pour les papiers

Faisant appel d’une première condamnation par défaut en avril 2018, Abdelhakim D. a été rejugé la semaine passée. Il a expliqué au juge que son geste était motivé par la compassion et l’apitoiement qu’il avait pour une femme en difficulté financière, et non pas pour régulariser sa situation. « Ce n’était pas juste pour les papiers […] Elle a commencé à pleurer devant moi en me montrant des factures. Si je reconnaissais cet enfant, c’était pour toujours ! », a-til plaidé.

Reconnu coupable de « commerce juridique » sur enfant, le prévenu est condamné à une peine de 18 mois de prison ferme sans mandat de dépôt, et trois ans d’interdiction du territoire.

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