Algérie : Prison ferme pour un opposant du cinquième mandat de Bouteflika

Hadj Ghermoul (à gauche), avec une pancarte « non au cinquième mandat ».
Hadj Ghermoul (à gauche), avec une pancarte « non au cinquième mandat ».

Algérie – Hadj Ghermoul a été condamné à la prison ferme pour avoir exprimé son refus au cinquième mandat de Abdelaziz Bouteflka. Militant de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH) et membre du Comité national de défense des droits des chômeurs (CNDDC), il a été condamné hier, mercredi 13 mars, à six mois de prison ferme et 30 000 dinars d’amende en deuxième instance par la Cour de Mascara.

Condamné pour son opposition au cinquième mandat de Abdelaziz Bouteflika

Ce verdict confirme le jugement rendu en première instance, le 7 février dernier pour les chefs d’accusation d’« outrage à un corps constitué » et « délit d’ivresse publique ».

En prison depuis 45 jours, le jeune Hadj Ghermoul, âgé de 37 ans, père de deux enfants et sans-emploi, a été arrêté par des policiers quelques jours après avoir exprimé son refus d’un cinquième mandat du Président Abdelaziz Bouteflika. Il avait publié une photo sur Facebook, en compagnie de Rezouane Kada, brandissant une pancarte sur laquelle on peut lire « Non à un cinquième mandat ». Il a été arrêté dans la soirée du 27 janvier par des policiers, avant d’être écroué le lendemain en comparution immédiate.

Le cas de ce militant a soulevé l’indignation des organisations des droits humains et des activistes politiques qui se sont mobilisés pour réclamer purement et simplement sa libération. 

Amnesty International s’est intéressée au cas du jeune militant et a condamné cette atteinte à la liberté d’expression. « La condamnation de Hadj Ghermoul est une grave atteinte à la liberté d’expression en Algérie. Il est totalement absurde qu’il soit condamné à passer six mois derrière les barreaux simplement pour avoir exprimé pacifiquement ses opinions politiques ».