Algérie : La presse électronique indésirable par le gouvernement

Photo d'un écran d'ordinateur avec le site ObservAlgerie.com affiché dessus
Illustration : médias électroniques en Algérie.

Fraîchement nommé au poste de Premier ministre, Noureddine Bedoui a animé, hier jeudi 14 mars, une conférence de presse au Centre international des conférences (CIC) d’Alger, en compagnie du vice-Premier ministre Ramtane Lamamra. Une conférence à laquelle n’ont pas pu assister les journalistes de la presse électronique, leur présence étant interdite.

« Quand on est arrivés à l’entrée, les agents de sécurité nous ont demandé gentiment de récupérer nos badges au bureau à l’entrée », témoigne un confrère du site d’information Interlignes Algérie. « Je présente ma carte de presse et mon ordre de mission à la dame, et elle me dit que la presse électronique n’est pas autorisée à entrer [et] que les médias accrédités ont été contactés hier par leur service de presse », raconte-t-il.

Le journal électronique cite également la reporter du magazine Intymag Djamila Ould Khettab, qui raconte : « quand j’arrive au bureau qui délivre des badges, la dame m’informe que la presse électronique algérienne ne pouvait pas être accréditée ».

Renvoyée, on lui a signifié que « les consignes pour cette conférence étaient très strictes, et qu’il faut être sur la liste, sinon, vous ne pouvez pas entrer ».

Quelle place pour la presse électronique en Algérie ?

Cet énième épisode soulève encore une fois de plus les difficultés rencontrées par la presse électronique en Algérie. Pour le rédacteur en chef d’ObservAlgérie, Khaled Belkouche, « cette interdiction qu’ont subie les médias électroniques à l’occasion de la conférence de presse des Premiers ministres ne peut qu’attester du déphasage du pouvoir en place avec les nouvelles technologies et l’évolution de l’information ».

« Le gouvernement algérien refuse le statut de « journaliste professionnel » aux médias électroniques, car ces derniers échappent à son contrôle financier, grâce aux nouvelles méthodes numériques de monétisations », nous a expliqué Khaled Belkouche. « En Algérie, ça n’a jamais été un problème de textes, car la loi organique de 2012 sur l’information a bien intégré les médias électroniques. Le problème réside justement dans l’application des lois », ajoute-t-il.

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