Algérie : La presse publique reçoit toujours des directives politiques

Presse nationale algérienne
Presse nationale algérienne

Malgré le vent de liberté qui souffle sur l’Algérie et malgré tous les rassemblements des journalistes pour dénoncer la censure des médias, la presse publique reste otage de directives politiques.

Des journalistes ont contacté ObservAlgerie pour dénoncer leur situation au sein de leurs rédactions. C’est notamment le cas de R. S., journaliste d’un quotidien national qui déclare : « je subis une pression terrible par rapport à mes écrits. Ils nous obligent à suivre un vocabulaire propre à eux. Je ne suis pas libre de choisir mes mots, je suis obligée de suivre les mots dictés par ma responsable. Elle aussi, on lui transmet des instructions. Je ne supporte pas cette situation qui m’installe dans une dépression, je fais partie du peuple, je ne peux participer à la propagation du mensonge ».

Quant à S. A. O., journaliste à la radio chaîne 2, il déclare : « nous sommes tout le temps surveillés et épiés. On filtre le moindre mot, on surveille nos gestes et même nos conversations privées au café. Le climat est pesant. J’ai pensé à démissionner à maintes reprises, surtout quand je rentre à la maison et que mes petites filles m’interpellent sur ce que j’ai dit à l’antenne ».

Un autre correspondant dénonce : « les médias publics sont considérés jusqu’à présent comme des porte-paroles des gouvernants. Ils servent d’outils de propagande du pouvoir et non de canaux d’information au service du peuple ».

Rappelons que les journalistes algériens s’étaient joints au mouvement populaire pour dénoncer la censure subie par les médias et les pressions politiques dont ils sont victimes dans leur travail. Durant leurs multiples manifestations, et alors que plusieurs journalistes avaient été arrêtés à Alger, ils ont évoqué le code déontologique de la profession et ont souhaité pouvoir offrir un service public au lieu de servir d’outil de propagande.

Voir aussi : Algérie : l’ENTV diffuse de nouvelles images de Bouteflika (vidéo)