Pica Ouazi
14/07/2019 11:46

Algérie : Les réserves de change en chute libre

Les réserves de change de l’Algérie ont chuté de façon significative. Elles passent de 79,88 milliards de dollars (Mds USD) à la fin de l’année 2018 à 72,6 Mds USD à la fin d'avril 2019, a indiqué le ministre des Finances, Mohamed Loukal, dans un entretien accordé à l’APS.

Cette chute devient inquiétante pour les économistes vu son rythme accéléré. En effet, en 2018, les réserves de change s’étaient contractées de 17,45 Mds de dinars par rapport à la fin 2017 (97,33 Mds USD) et les prévisions tablent sur une baisse des réserves de change à 62 Mds USD en 2019, puis à 47,8 Mds USD en 2020 pour atteindre 33,8 milliards de dollars en 2021.

Pour faire face à cette érosion des réserves de change, Mohamed Loukal affirme que des mesures sont prises, il rappelle que « le gouvernement s’est récemment engagé dans une démarche basée sur la rationalisation des importations des biens, à travers leur limitation aux besoins réels du marché national, en attendant la généralisation de cette approche aux services ».

Ainsi, le gouvernement a choisi la réduction drastique des importations pour pouvoir juguler une crise économique qui se complique de jour en jour, par le fait de la crise politique que vit le pays. Mohamed Loukal veut rester rassurant, il affirme que « la situation de la trésorerie de l’État, quoique relativement tendue, est maîtrisée et permet de faire face à la dépense publique, que ce soit pour le budget de fonctionnement, y compris le remboursement de la dette publique, ou pour le budget d’équipement, ainsi que pour les opérations du Trésor ».

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Pourquoi les réserves de change s’effondrent ?

La trésorerie étant liée au prix du pétrole, la chute de ce dernier a touché les équilibres budgétaires de l’État. Les dépenses sont devenues plus importantes que la rente, ainsi l’État fait appel aux réserves faites, au moment où les cours de pétrole étaient au plus haut. Il faut aussi signaler que depuis l’élection de Abdelaziz Bouteflika les dépenses publiques ont grimpé, les importations se sont multipliées par plus de 6 fois en 20 ans. Les services des prestations techniques fournies par des entreprises étrangères en Algérie ont aussi grimpé ces dernières années. Ajouté à cela la stagnation de la part de l’agriculture dans le Produit intérieur brut (PIB). Ainsi la forte régression de la part de l’industrie dans le PIB.

Il faut aussi souligner la mauvaise utilisation des réserves de change, qui ont renforcé l’importation des biens et services (en accentuant la dépendance vis-à-vis de l’étranger), et qui ont couvert les déficits de la balance des paiements, à partir de 2014.

Lire aussi : La valeur du dinar algérien risque de baisser davantage

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