Algérie : un militant condamné pour s’être exprimé sur le cinquième mandat

Hadj Ghermoul (à droite), avec une pancarte « non au cinquième mandat ».
Hadj Ghermoul (à droite), avec une pancarte « non au cinquième mandat ».

Amnesty International, l’organisation non gouvernementale de défense des droits de l’Homme, a dénoncé, jeudi 7 février, la condamnation à 6 mois de prison ferme du jeune activiste algérien Hadj Ghermoul, pour avoir brandi une pancarte avec le texte « non au cinquième mandat ».

La directrice du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient de Amnesty International, Heba Morayef, a déclaré que « la condamnation de Hadj Ghermoul est une grave atteinte à la liberté d’expression en Algérie. Il est totalement absurde qu’il soit condamné à passer six mois derrière les barreaux simplement pour avoir exprimé pacifiquement ses opinions politiques ».

« Son arrestation et sa condamnation témoignent une nouvelle fois de l’intolérance dont font preuve les autorités algériennes vis-à-vis de l’opposition, et de leur inquiétante tendance à multiplier les arrestations et les détentions arbitraires à l’approche de l’élection présidentielle prévue en avril », ajouta-t-elle.

Heba Morayef appelle les autorités à « annuler la condamnation de Hadj Ghermoul et le libérer immédiatement et sans condition. Nul ne devrait être incarcéré pour avoir exercé sans violence son droit à la liberté d’expression ».

Pour rappel le militant Hadj Ghermoul a été condamné par le tribunal de la ville de Mascara à 6 mois de prison ferme, et une amende pour « outrage à corps constitué ». Il a publié sur sa page Facebook une photo avec une pancarte sur laquelle il exprime son opposition à une réélection du chef de l’État Abdelaziz Bouteflika, avec les mots : « non au cinquième mandat ».

L’inculpé est militant à la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH) et aussi membre du Comité national de défense des droits des chômeurs (CNDDC). Il a été arrêté le 27 janvier après une journée de filature par la police. Conduit au commissariat, les agents l’ont accusé de les avoir agressés.

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