Ahmed Oul
29/05/2019 11:24

Algérie : « Bouteflika a vendu la souveraineté nationale aux européens », selon un ex-ministre

Algérie - El-Hachemi Djaâboub, ancien ministre du Commerce, a accusé le président démissionnaire Abdelaziz Bouteflika d'avoir consenti de graves concessions touchant à la souveraineté nationale. Ces concessions ont été offertes aux pays européens lors de la signature en 2002 de l'Accord d'association Algérie-UE, mis en œuvre en 2005.

L'ancien membre du gouvernement du temps du président déchu Abdelaziz Bouteflika affirme que « les négociateurs européens ont profité de l'isolement de l’Algérie sur la scène mondiale et l'empressement du président Bouteflika à être médiatisé et atteindre une renommée internationale pour imposer aux Algériens un contrat d'acquiescement », a-t-il expliqué. Il souligne que la partie algérienne « n'avait qu'à signer l'accord sans avoir le droit à le débattre ».

L'ancien ministre a déclaré que l'accord d'association Algérie-UE, entré en vigueur le 1 septembre 2005, avait pour objectif d'ouvrir les portes du marché algérien aux produits européens en leur accordant des privilèges spéciaux en matière de dédouanement et d'avantages fiscaux.

Selon les termes de l'accord en question, Abdelaziz Bouteflika aurait promis aux partenaires européens, notamment à la France, « une zone franche, c'est-à-dire des frontières sans droits de douanes, contre des promesses d'aider l’Algérie dans la lutte contre le terrorisme et dans les secteurs de l'enseignement, le développement et l'investissement », dénonce-t-il.

L'ancien responsable du Mouvement de la société pour la paix (MSP), El-Hachemi Djaâboub, souligne que lors de la rédaction des termes de l'accord d'association, la partie algérienne n'avait pas le droit de réviser ses articles et que toute modification proposée se voyait rejetée par les négociateurs européens.

Bouteflika céderait la souveraineté nationale pour rester président

Trois cadres du ministère des Affaires étrangères, qui avaient signé une tribune au site d'information TSA en avril dernier, ont révélé que le clan de Abdelaziz Bouteflika a mis la souveraineté de l’Algérie à la disposition de la France afin que l’ex-président puisse briguer indéfiniment et impunément moult mandats présidentiels, avec la bénédiction de l’ancienne puissance coloniale.

Les trois signataires du document accusent l’actuel Ambassadeur d’Algérie à Paris, Abdelkader Mesdoua, d’être désigné à ce poste par le clan Bouteflika pour servir les intérêts de la France en Algérie.

Ils dénoncent alors :

« L'actuel Ambassadeur a été désigné à ce poste par le clan Bouteflika grâce à la bienveillance tutélaire de la tribu des Zerhouni et Rahal, clan qui, faut-il le rappeler, a mis la souveraineté de l’Algérie […] ainsi que ses ressources minérales et financières […] à la gracieuse disposition de la France afin que Bouteflika puisse piétiner la Constitution et la souveraineté du peuple algérien et briguer impunément moult mandats présidentiels avec la bénédiction de l’ancienne puissance coloniale ».

Lire également : Bouteflika a offert la souveraineté du sous-sol algérien aux États-Unis, selon Ali Benflis

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