Shérazade
04/11/2019 11:31

« Ce sont les juges qui ont demandé l'intervention des gendarmes »

Crise de la Justice (Algérie) - « Ce sont les juges qui ont demandé l'intervention des forces de sécurité et la perquisition de la Cour d'Oran », c'est ce qu'affirme le directeur des affaires juridiques et administratives du ministère de la Justice, Abdelhafid Djaârir. Lors de son intervention sur la radio chaîne 1, ce lundi 4 novembre. Il a, également, annoncé que « le ministère de la Justice avait ouvert une enquête ». Abdelhafid Djaârir explique, cependant, que la réalité a été déformée par de courtes vidéos diffusées sur les réseaux sociaux.

La perquisition de la Cour d’Oran par les forces antiémeute de la Gendarmerie nationale, hier dimanche 3 novembre, avait secoué l’opinion publique. La vidéo, filmée pendant cet envahissement, avait fait le tour de la toile. Ne pouvant pas rester dans son mutisme, le ministère de la Justice a annoncé l’ouverture d’une enquête.

La vidéo relayée sur les réseaux sociaux montrait des éléments antiémeutes à l’intérieur même des salles d’audience, usant de la force pour faire évacuer les procureurs et juges sortants et permettre à ceux qui viennent d’être nominés de prendre leurs bureaux. La gendarmerie avait tout d’abord encerclé la Cour d’Oran, avant de faire irruption à l’intérieur.

Les magistrats ont demandé l’intervention de la gendarmerie

En effet, et d’après ce directeur « des magistrats en grèves avaient commencé par agresser leurs collègues qui, eux, n’étaient pas en grève. Les juges, qui allaient être installés dans leurs nouvelles fonctions, se sont fait agresser au sein de la Cour par ceux qui étaient en grève ». Abdelhafid Djaârir a donc déclaré que « les magistrats non grévistes ne se sentaient plus en sécurité et ont demandé la perquisition de la Cour d'Oran par les éléments de la gendarmerie ».

Ce cadre au ministère de la Justice, s’exprimant sur les ondes de la radio chaîne 1, s’est désolé de dire que « le ministère de la Justice ne voulait pas que cette affaire dérape ainsi », précisant que « les magistrats sont les premières personnes chargées de faire appliquer les lois. Rien ne les autorise donc à entraver la justice en Algérie ».

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