Le lobby français mis en cause : l’Algérie refuse le blé argentin

L'Algérie refuse la réception d'une cargaison de blé argentin

Photomontage : Abdelaziz Bouteflika et Emmanuel Macron
Photomontage : Abdelaziz Bouteflika et Emmanuel Macron

L’Algérie refuse la réception d’une cargaison de blé argentin, arrivée en Algérie à la fin du mois de décembre. Selon des sources gouvernementales, les tests de qualité n’étaient pas concluants. Des collaborateurs de la société exportatrice, quand à eux, accusent le lobby français.

Réputé pour ses prix bas et sa qualité inférieure à la norme, le blé argentin, importé par l’Algérie suite à un appel d’offre international, serait impropre à la consommation humaine. C’est ce qu’affirment des sources proches du dossier, interrogées par ObservAlgerie. Les conditions météorologiques du printemps et du début de l’été 2018 en Argentine auraient altéré la qualité du blé, malgré une récolte importante.

Cependant, des collaborateurs algériens de la société exportatrice accusent le lobby français d’avoir pesé sur la décision des autorités algériennes. Selon cette hypothèse, des relais de lobbying ont été actionnés pour mettre en échec cette opération d’importation du blé argentin au profit du blé français. Ce dernier a dominé le marché algérien pendant plusieurs décennies, mais s’est vu menacé par la nouvelle stratégie du gouvernement algérien visant à diversifier ses sources d’approvisionnement et à sortir de sa dépendance des céréales françaises.

Selon un expert contacté par ObservAlgerie, « cette hypothèse de lobbying français reste improbable si l’on connait la qualité du blé argentin, déjà réputé sur le marché international pour sa qualité médiocre et ses prix concurrentiels ».

En revanche, la Russie entre également en jeu, tablant sur la qualité supérieure de son blé ; « meilleur et moins cher que le blé français », selon le président de l’Union céréalière russe, Arkadi Zlotchevski, qui admet l’avantage de la France : « En général, la France assure sa position sur le marché algérien, mais c’est surtout lié aux traditions françaises en Algérie. Ils offrent des instruments financiers pour la réalisation de diverses opérations, telles que des délais de paiement allant jusqu’à un an ; choses que nous ne pouvons pas fournir. ».