L'État algérien limite la liberté politique des militaires à la retraite

14/10/2019 14:10

Algérie - L'État algérien a décidé de limiter la liberté politique des militaires mis à la retraite. Désormais, un militaire, quelque soit son rang, n'aura pas le droit de faire de la politique avant que cinq années n'aient passé après sa mise à la retraite, selon une loi adoptée ce dimanche 13 octobre en Conseil des ministres.

Décidément, l'épisode du général Hocine Benhadid ne doit plus se reproduire. Celui du général Ali Ghediri non plus. Les deux étant mis en détention en raison de leurs déclarations politiques. Pour les responsables de l'État algérien, il faut limiter la liberté politique des militaires mis à la retraite, y compris les généraux et autres officiers supérieurs qui disposent de secrets dus à leurs rangs et à leurs fonctions respectifs.

Il s'agit en fait d'un projet de loi complétant l'ordonnance no. 02-06 du 28 février 2006 portant Statut général des personnels militaires. Le projet a été présenté par le vice-ministre de la défense Ahmed Gaïd Salah, comme précisé dans un communiqué de la présidence de la République.

Le militaire retraité algérien ne fera pas de politique

C'est un amendement qui vise à mettre en conformité « des dispositions du Statut général des personnels militaires et la loi organique no. 10-16 du 25 août 2016 relative au Régime électoral, amendée et complétée ». En réalité, c'est une mise en conformité qui fait obligation au militaire admis à la retraite « de s'abstenir, pour une période de 5 années […] d'exercer toute activité politique partisane ou de se porter candidat à une quelconque fonction politique élective ».

L'objectif de cette loi est, dit-on, d'empêcher toute atteinte à l'honneur des institutions de l'État ainsi qu'à l'image de marque de l'institution militaire. Parce que pour les rédacteurs de cette loi, le militaire en retraite est mis à la disposition de l'ANP qui peut le rappeler à tout moment durant les cinq années qui suivent sa mise à la retraite. Et ce, conformément à une loi de 1976 portant obligations militaires des citoyens algériens.

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