Catégories: AlgériePolitique

« Folie ou trahison » : Nouveau livre sur la gouvernance de Bouteflika

31/10/2019 09:57

L’ancien wali d’Oran, Frik Bachir, emprisonné durant plus de 7 ans, pour trafic de foncier et de cocaïne, a écrit un livre sur la période du règne de Bouteflika, intitulé « Gouvernance de Bouteflika folie ou trahison ».

L’ancien commis de l’État définit son livre comme « une autopsie, et un document pour l’histoire ». Il parle du parcours d’un homme qui a pris le pouvoir pour ne le lâcher que contraint par une révolte populaire inédite. Frik Bachir revient dans son ouvrage sur plusieurs épisodes de « l'ère Bouteflika », depuis son installation en passant par son divorce avec Benflis et les péripéties de ses mandats successifs.

L’ex-wali revient aux conditions dans lesquelles il a entamé son projet : « je n’omettais pas de dire qu’il était difficile d’écrire en prison, surtout sur le premier magistrat du pays ! J’écrivais de nuit, de manière très discrète. J’avais, pour tromper la vigilance des gardiens, trouvé une ruse, qui consiste en un leurre. J’avais mis sur la table un autre manuscrit consacré à la philosophie ! C’est ma fille, avocate, qui m’a aidé, avec la complicité de gardiens, à faire sortir mes manuscrits ».

Bouteflika n'a tenu aucune de ses promesses

Divisé en plusieurs chapitres, le livre de Frik Bachir aborde en premier « la venue de Bouteflika avec l’assentiment des militaires, le retrait des six candidats en 1999, le rôle du DRS, la démission de Chadli, le ministère des Affaires étrangères qui était sa chasse gardée. La Cour des comptes qui l’avait condamné au début des années 1980. Son refus de répondre aux sollicitations de l’armée en 1994 pour être à la tête de l’État, l’opposition de ses anciens camarades, Cherif Belkacem, Ali Mendjli, etc. » .

Dans le deuxième chapitre, l’écrivain expose, à travers des faits, « les premiers mensonges de la bonne gouvernance ; l’humiliation publique des cadres, qui sont jetés en pâture à l’opinion avant d’être, pour certains, réhabilités et… promus ministres. ». Il relate aussi « comment le Président a réussi à affaiblir l’armée, comment il a accaparé les leviers de la presse, comment par malhonnêteté il a transformé virtuellement des échecs en réussites, et des réformes illusoires en crises réelles, sans oublier les slogans creux d’une justice aux ordres et servile ».

Le régionalisme comme stratégie de gouvernance

l’auteur parle aussi du régionalisme dans un chapitre qu’il a intitulé « Entre machiavélisme et régionalisme ». Il met en exergue la question de « la régionalisation du gouvernement et des postes sensibles », Frik Bachir évoque aussi « la déchéance de la diplomatie alors que Bouteflika fanfaronnait à son arrivée qu’il fallait redonner sa noblesse à la diplomatie algérienne. Il aurait ramené la paix et la réconciliation, sachant que c’est loin d’être son œuvre ». L'auteur révèle que pour accéder au prix Nobel, « Bouteflika a sollicité le soutien de Mandela pour l’aider. Mais cela n’a pas marché ! ».

Bensalah a été parachuté à Oran

Frik Bachir revient sur certaines anecdotes, notamment celles où des personnalités importantes sont impliquées. « Quand, j’étais wali d’Oran, ils m’ont imposé Bensalah comme tête de liste du RND dans cette ville avec laquelle il n’avait pratiquement aucune relation. Quand Zéroual a été élu en 1994, Bensalah a été placé à la tête du Conseil national transitoire. En 1997  donc, Bensalah a été placé à la tête du RND à Oran malgré les réticences et l’opposition des militants de ce parti. Puis, le pouvoir a eu le culot de qualifier ces élections de transparentes et honnêtes. Moi, personnellement, je l’avais refusé », relate l'écrivain dans son livre.

Il ajoute que « le premier responsable de la sécurité dans la wilaya avait révélé qu’il avait reçu des instructions de son instance pour cautionner cet état de fait. Je me rappelle que le RND n’avait pas obtenu de siège, et qu’on nous a obligés d’enlever 5 sièges au Hamas pour les attribuer au RND. J’étais complice malgré moi, mais j’ai fait amende honorable. Par dérision, les militants du RND à Oran avaient envoyé un message à Bensalah lui souhaitant la bienvenue Oran, en lui enjoignant l’itinéraire de l’aéroport au centre-ville pour lui signifier qu’il ne connaît rien à la ville et qu’il est parachuté ».

Lire aussi : Algérie.Règne de Bouteflika : la corruption comme mode de gouvernance

Laisser un commentaire

Voir les commentaires

  • Quel crédit apporter à un homme qui a été condamner pour détournement de fonds publics et spoliations de terre appartenant à l'état c'est à dire aux citoyens c'est un livre écrit par un revenchard.

    Annuler votre réaction

    Laisser un commentaire