Pica Ouazi
18/07/2019 11:29

Kabylie : L'ENIEM risque de disparaître

Le directeur de l’ENIEM a tiré la sonnette d’alarme sur la situation que vit son entreprise. Djilali Mouazer avertit sur la possible disparition du fleuron de l’industrie de l’électroménager, dans une interview donnée au journal francophone El Watan, le mercredi 17 juillet.

Le climat politique général que traverse le pays, avec toutes les affaires de corruption et des responsables mis sous le verrou, a un impact très négatif sur les entreprises nationales. Ce climat a poussé le gouvernement a prendre des mesures afin de réduire les importations touchant directement les entreprises nationales.

Ainsi, l’Entreprise nationale des Industries de l'Électroménager (ENIEM) a subi cette crise de plein fouet. Elle a suspendu sa production depuis 15 jours et a mis ses travailleurs en congé forcé. Le directeur de l’entreprise Djilali Mouazer a expliqué les raisons réelles de ce blocage, à commencer par les banques qui refusent d'accorder des crédits « il est important de souligner que le problème majeur de l’ENIEM, actuellement, est le blocage de l’utilisation des crédits par la banque. Cette dernière ne nous donne plus de crédits, même pour l’exploitation et les approvisionnements. C’est un problème qui risque, au plus tard dans deux mois après la reprise des congés, la paralysie totale de l’ENIEM, voire une menace sur la pérennité des emplois ».

Blocage bureaucratique des entreprises

Le directeur de l’ENIEM relie ce blocage a une gestion bureaucratique des décideurs qui mettent en danger les empois, « je sais que cet obstacle peut être résolu incessamment. Le problème le plus épineux, c’est la continuité de l’activité de l’ENIEM, qui sera remise en cause dans les prochains mois. On nous a bloqué toute possibilité d’achat. Nous allons épuiser la matière première que nous avons achetée et nous allons rester sans rien faire. Les importations et même le payement de nos fournisseurs sont bloqués aussi par la banque. Nous ne comprenons pas cette situation », déclare Djilali Mouazer.

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Il faut signaler que depuis le déclenchement des enquêtes anti-corruption, qui ont vu plusieurs hauts cadres du secteur bancaire incarcérés, les banques publiques n’accordent presque pas de crédits, y compris aux entreprises publiques. Ce qui met l’entreprise dans une situation délicate signale le directeur de l’ENIEM : « les répercussions de cette situation sont la perte d’emplois, s’il y a encore blocage. Nous serons obligés d’aller vers un congé technique et un plan social. Tout est prêt sur la table. Nous n’allons pas ramener les gens à rester du matin au soir, à l’intérieur de l’entreprise, sans rien faire ».

Djilali Mouazer tire la sonnette d’alarme sur les 1 800 travailleurs qui risquent de disparaître. « C’est la logique des choses. On risque la disparition totale de l’ENIEM », a-t-il conclu.

Lire aussi : Kabylie : Congé forcé pour l’ENIEM en raison du blocage de la matière première

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