Kabylie : Le recteur de l’Université de Tizi-Ouzou rejette la directive de Tahar Hadjar

Université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, entrée principale du campus de Tamda.
Université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, entrée principale du campus de Tamda.

Le Professeur Ahmed Tessa, recteur de l’Université de Tizi-Ouzou, s’est démarqué publiquement de la décision du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Tahar Hadjar, d’avancer de façon unilatérale la date des vacances de printemps, et refuse catégoriquement d’appliquer la directive du ministère, affirmant que « l’éthique et la déontologie priment sur les autres facteurs ».

« Il n’y aura pas de vacances le 10 mars »

Intervenant le soir du samedi 9 mars sur la chaîne Berbère Télévision, Tessa a annoncé que « les enseignants et les étudiants de l’Université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou poursuivront leurs programmes pédagogiques selon le calendrier initialement tracé afin de rattraper le retard déjà cumulé ».

Pour le recteur, « l’aspect pédagogique prime sur toute autre chose et notre calendrier obéit aux normes pédagogiques et non en fonction d’autres facteurs ».

« Nous ne gérons pas les événements politiques »

Le Professeur Ahmed Tessa a annoncé qu’une réunion devait regrouper tous les doyens des facultés afin de discuter de la nécessité de poursuivre le programme jusqu’à la date officielle des congés. À ce propos, il souligne que « nous devons gérer l’Université avec des normes pédagogiques et dans l’esprit de l’éthique et de la déontologie. Nous sommes des pédagogues et nous ne gérons pas les événements politiques ».

Pour rappel, le ministre de l’Enseignement et de la Recherche scientifique avait annoncé hier, samedi 9 mars, la décision d’avancer les vacances de printemps d’une dizaine de jours dans les Universités algériennes qui s’étaleront du dimanche 10 mars jusqu’au 4 avril 2019.

Une décision venue après les nombreuses manifestations organisées par les étudiants du pays qui réclament un changement radical du système politique et qui montrent leur rejet catégorique du cinquième mandat du président sortant Abdelaziz Bouteflika.

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