Les graves accusations du RND contre le ministre Tayeb Louh

Photomontage: Ouyahia-et-Louh
Photomontage: Ouyahia-et-Louh

Le premier ministre et secrétaire Général du Rassemblement National Démocratique (RND), Ahmed Ouyahia n’est plus l’homme qui encaisse les coups et se contente d’être le serviteur de Abdelaziz Bouteflika. Il réplique à tous les tirs ennemis et/ou amis. Une nouvelle stratégie à quelques mois de la présidentielle.

Après avoir répondu via un communiqué de son parti le RND, à la polémique provoquée par son discours en France dans lequel il a qualifié la révolution algérienne de «guerre» et ses martyrs de «morts». C’est le porte parole du même parti, Seddik Chihab qui tire à boulets rouges sur les adversaires politiques d’Ahmed Ouyahia, dont  Tayeb Louh, pourtant ministre du même gouvernement.

«Les ennemis d’Ahmed Ouyahia sont des serviteurs de la France»

Seddik Chihab a traité ceux qui critiquent Ahmed Ouyahia de «valets de la France coloniale» qui «sont dans les hautes sphères de l’État». Sans le citer nommément, tout porte à croire que la cible de ces graves accusations est Tayeb Louh, ministre de la justice, garde des sceaux.

En effet, le porte parole du RND met en garde son auditoire lors d’un meeting populaire qu’il a animé avant-hier,  samedi 18 novembre, au centre culturel Malek-Haddad de Constantine, sur ces «relais de la France coloniale». Selon Seddik Chihab «les serviteurs de la France coloniale, qui sont toujours présents dans les arcanes du pouvoir, parmi les populations et dans de hautes sphères de l’État, distillent des amalgames». Il a appelé ses militants et sympathisants à faire confiance dans «leur famille politique, leur leader Ahmed Ouyahia et le président de la république Abdelaziz Bouteflika».

Seddik Chihab serait chargé par son supérieur et secrétaire général Ahmed Ouyahia, de répliquer aux attaques de Tayeb Louh. Un bras de fer entre un premier ministre et un ministre de la justice, nommés tous les deux par le chef de l’Etat Abdelaziz Bouteflika. Un conflit politique qui serait derrière la chute de l’ex-secrétaire général du Front de Libération Nationale (FLN). Djamel Ould Abbes en l’occurrence, a refusé de soutenir son collègue et membre du comité central du FLN, Tayeb Louh, contre Ahmed Ouyahia.

Tayeb Louh, un proche de Abdelaziz Bouteflika

Pour rappel, Tayeb Louh connu comme l’un des hommes les plus proches à Bouteflika, s’en est pris à son chef hiérarchique Ahmed Ouyahia, sans aller jusqu’à citer son nom, lors d’un meeting animé à Oran. Le ministre de la justice a tenu pour responsable Ahmed Ouyahia d’une injustice dont ont été victimes les cadres de l’État dans les années 1990.

Les observateurs parlent d’un véritable chamboulement de l’échiquier politique au sommet de l’Etat algérien. Une lutte de clans acharnée, alimentée par le flou qui plane sur l’éventuelle candidature de Abdelaziz Bouteflika à sa propre succession pour un cinquième mandat consécutive.