Idir : « Ce n’est pas l’indépendance de la Kabylie qui me gêne en soi »

Le chanteur kabyle Idir, qui sera en concert à Alger demain et après-demain pour la première fois depuis une quarantaine d’années environ, a livré ses appréhensions par rapport à nombre de questions d’actualité, parmi lesquelles notamment les revendications d’indépendance de la Kabylie portées par le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK) de Ferhat Mehenni.

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« On arrive à un moment où on n’a pas été écouté pour certains. Ceux-ci disent : nous n’avons rien à faire ensemble. Et si nous n’avons rien à faire ensemble, il faudrait se séparer. Ce qui peut ne pas paraître normal mais qui trouve une logique. S’ils revendiquent cela, c’est, quelque part, il y a un besoin qui peut créer une révolte. Et cette révolte, il faut l’assumer. Maintenant, à côté de cela, il faudrait dire qu’il existe peut-être des gens qui viennent avec d’autres intentions, qui n’ont rien à avoir avec cette revendication légitime. » a ainsi déclaré le chanteur dans un entretien publié ce mercredi par TSA. « Moi, je suis kabyle, évidemment fier, je veux, au regard du respect que je dois à mes ancêtres, à ma grand-mère, à mon grand-père, à mon père, à ma mère, magnifier cette identité et dire qu’elle est toujours là avec ou sans vous. Aujourd’hui, j’ai les moyens de vivre mon identité sans que vous puissiez intervenir dans ma vie. J’aurais aimé que la plupart des gens soient comme cela. » a-t-il ajouté.

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Toujours en ce qui concerne les revendications d’indépendance de la Kabylie, Idir a estimé que la chose posait « un certain nombre de questions auxquelles il faudrait d’abord trouver des réponses ». « Que va-t-on faire une fois indépendants, si cela arrive ? Existe-t-il un cahier de charges préparé au préalable ? Est-ce que le concert des nations va-t-il adapter une position plus ou moins sereine sur cette histoire d’indépendance ? Est-ce que cette histoire d’indépendance est viable dans la mesure où une petite partie du territoire algérien se sépare en laissant les richesses énormes dans les hydrocarbures, les sous-sols, l’agriculture ou autre ? » s’est interrogé lé chanteur. « Ce n’est pas l’indépendance de la Kabylie qui me gêne en soi. Si demain je constate que cette indépendance était liée au sort de mes enfants pour qu’ils soient heureux, je n’hésiterais pas une seconde » a-t-il précisé.

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« Il faut continuer à vivre, à nous enrichir de nos différences et à faire en sorte que ce pays soit le plus beau possible. » a conclu le chanteur.