Said Bouteflika et Général Toufik : Comment se joue l’avenir de l’Algérie en coulisse

Photomontage: Général Toufik - Said Bouteflika
Photomontage: Général Toufik - Said Bouteflika

Said Bouteflika et Mohamed Mediène, dit général Toufik, reviennent au devant de la scène politico-médiatique à l’approche de la très sensible élection présidentielle de 2019. Respectivement frère conseiller spécial du président Abdelaziz Bouteflika, et général à la retraite ancien patron du mythique Département du Renseignement et de la Sécurité (DRS), les deux hommes prédominent les analyses sur l’avenir du pays. 

Si Said Bouteflika prépare la continuité du président Abdelaziz Bouteflika, le général Toufik est montré du doigt comme le principal comploteur contre celle-ci. Ainsi, toute la communication officielle et officieuse appelant à la « continuité » fait allusion à l’ancien patron du DRS déboulonné après sa présumée opposition au quatrième mandat. Il serait derrière toutes les manœuvres pour faire barrage aux ambitions du clan présidentiel.

Le frère et conseiller spécial du chef de l’État Abdelaziz Bouteflika, Said Bouteflika en l’occurrence, est le mentor du système en place dans sa quête de pérennité. Il serait, selon des sources se disant bien informées, derrière la conversion du parti islamiste Mouvement de la Société pour la Paix (MSP) vers une entente consensuelle avec le pouvoir, après plusieurs années d’opposition radicale.

Rencontre secrète avec Said Bouteflika

Le président du MSP, Abderrazak Makri, a rencontré secrètement Said Bouteflika, le mois d’octobre de l’année passée. Ce dernier a proposé à l’opposant islamiste un marché qui consiste à plaider en faveur d’un consensus passant par une conférence nationale. Celle-ci déboucherait sur une nouvelle constitution et des élections législatives anticipées avec, à la clé, deux ans de prolongation pour Abdelaziz Bouteflika. Un septennat qui garantirait une « transition politique pacifique », rajoutent nos sources.

Le MSP n’était pas le seul convoité par Said Bouteflika; son ancien cadre dissident, Amar Ghoul, a adopté le même discours. La prolongation du quinquennat de Abdelaziz Bouteflika, pour éviter un cinquième mandat, devait être portée par l’opposition et l’allégeance. Un plan qui semblait fonctionner parfaitement, avant l’intervention du Chef d’Etat Major, Gaid Salah.

Gaid Salah sonne la fin de la récréation

Le général des corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), a réagi aux dernières déclarations de certains généraux à la retraire sur les prochaines élections présidentielles. Il a ainsi mis fin à toutes les spéculations avec un communiqué adressé aux généraux à la retraite qui l’appelaient à intervenir pour empêcher Bouteflika de briguer un cinquième mandat.

Le chef d’État Major, Gaïd Salah, a également mis fin à l’ambition de Said Bouteflika, qui était de contourner élections présidentielles avec une prolongation du quatrième mandat. Il en a profité, par ailleurs, pour faire allusion au général Toufik – bien que sans le citer nommément – qui serait le tireur de ficelle.