L’opposition accuse Makri de traîtrise et de conspiration

Abderezzak Makri, le chef du Mouvement de la société pour la paix (MSP).
Abderezzak Makri, le chef du Mouvement de la société pour la paix (MSP).

Abderezzak Makri, le chef du Mouvement de la société pour la paix (MSP), avait lancé, hier lundi, un appel pour réunir l’opposition, et discuter de la situation politique du pays.  Cette manœuvre était dans le but de récolter un maximum d’adhésions à sa démarche et son initiative de «reporter des présidentielles ».

Dans un communiqué officiel, Makri écrit : «C’est avec un grand honneur que je viens vous convier à une rencontre qui réunira tous les principaux acteurs de l’opposition (…) lors de cette entrevue, nous essayerons de trouver une stratégie commune pour sortir le pays du flou (…) Nous pourrions au moins écouter aux discours des autres, échanger des conseils et des informations… »  cette rencontre est prévue pour aujourd’hui le 25 décembre à partir de 13h au siège du MSP.

Qui répondra présent à l’invitation de Makri ?

Confronté à l’opposition, Makri pourrait se retrouver seul à son rendez-vous. En effet, l’opposition n’est pas allée de main morte en critiquant le chef du MSP ces derniers temps. Son principal allié, le Front pour la justice et le développement (FJD), d’Abdallah Djaballah, l’avait d’ailleurs accusé de conspiration.

Le FJD se dit outré que les appels à la prolongation de l’actuel mandat du chef de l’Etat soient soutenus par «ceux qui se réclamaient de l’opposition et qu’hier,  ils déniaient aux autres de prôner un tel discours», allusion au MSP. Pour Djaballah, le MSP et son président se sont engagés dans une voie qui les dévie de tous leurs principes et qui atteste de leur «compromission avec le pouvoir en contrepartie de quelques dividendes».

Prudente, Louisa Hanoune, la secrétaire générale du parti des travailleurs, refuse toutefois de prendre une position définitive sur cette initiative. « On ne peut pas se positionner sur l’initiative avant de connaitre la nature, les objectifs et les parties qui vont y prendre part », a-t-elle indiqué, en assurant ne pas savoir si les promoteurs de cette initiative sont des cercles officiels.  Dans une analyse politique précédente, Observ’Algérie avait  soutenu la même idée.

Makri sonde l’opinion :

Lâché par une opposition qui ne le considère plus des siens, Makri se réfugie dans les réseaux sociaux en lançant un sondage à travers son compte Facebook pour connaître l’avis des citoyens autour de l’élection présidentielle et des diverses options, notamment l’idée du report d’une année.

Quatre propositions: « cinquième mandat », « la prolongation du mandat à travers la tenue d’une conférence nationale, sans consensus et sans réformes »,  « la tenue, comme de coutume, d’une élection truquée susceptible de produire un président aux pouvoirs immenses et une constitution dysfonctionnelle » ou «œuvrer pour le report des élections pour une période de transition d’une durée d’une année, à travers un consensus entre le pouvoir et l’opposition et des réformes constitutionnelles, politiques et électorales convenues d’un commun accord», qu’allez-vous choisir entre ces  quatre options ? écrit le président du MSP.