Nina Bouraoui,romancière, algérienne et homosexuelle

Nina Bouraoui met en lumière sa triple identité : algérienne, française et homosexuelle, dans son dernier roman « Tous les hommes désirent naturellement savoir ». Elle écrit dès les premières pages du livre « je cherche dans mon passé des preuves de mon homosexualité».

Nina Bouraoui se met à nu, dans ce roman, un récit sur la quête d’identité, sa violence et sa complexité. Dans « Tous les hommes désirent naturellement savoir » (JC Lattès, 2018), l’auteure franco-algérienne, évoque sans détour son homosexualité.

Une enfance passée en Algérie

Née d’une mère française et d’un père algérien et élevée en Algérie. Nina Bouraoui  a toujours revendiqué sa double identité, « Mon enfance était éblouissante. Dans les années 70, l’Algérie était déjà un pays corseté ».

Mariée à un « Français musulman », la mère de Nina Bouraoui est arrivée en Algérie après l’indépendance, dans un pays meurtri par la guerre. « Au fil des années, elle devient plus « algérienne » que son mari », se plaît d’écrire l’auteure.

À 14 ans, Nina Bouraoui quitte Alger pour Rennes. Un déracinement violent pendant que l’adolescente se cherchait encore.  Elle aime les femmes mais ne le sait pas encore. Lorsqu’elle arrive à Paris, elle explore donc sa troisième identité : son homosexualité.

Sa troisième identité : l’homosexualité

Quatre fois par semaine, elle se rend seule au « Katmandou, à Paris, un club des années 1980 exclusivement réservé aux femmes. Au début je sors seule au Katmandou, je n’ai pas d’amies homosexuelles, je ne désire pas en avoir, j’évite tout lien en dehors du lieu, je ne donne ni mon numéro de téléphone, ni mon vrai prénom (…) Je suis terrifiée à l’idée d’être démasquée, de mériter une punition » écrit-elle.

Outre la peur et la honte, Nina Bouraoui évoque sa propre homophobie. « Parfois avec beaucoup de violence. « En rentrant du Kat, j’écris pour me faire pardonner mon homosexualité et pour me faire aimer ». La romancière expliquait avoir souffert du regard des autres, du dégoût qu’on lui avait « insufflé ».

Elle se défend en écrivant : « Je ne me suis jamais trahie. J’étais juste. La société m’a donné ce sentiment de honte, de rejet, de peur ». Nina Bouraoui a décidé de parler de son homosexualité  pour donner des armes aux adolescents parfois rejetés pour ce qu’ils sont.

+D’Infos