Anes Tina a provoqué un buzz énorme sur la toile algérienne avec son clip «Rani Zaafan» (Je suis en colère), à la veille des élections locales, dans une réplique similaire à celle de Dzjoker Chemsou avec «Ma Nsotich» (Je ne saute pas) à la veille des législatives.

Cependant, le contenu du clip  de Anes Tina qui a atteint 1,9 millions de vues sur Youtube en 48 heures, n’a pas déplu exclusivement aux centres d’allégeances au pouvoir en place mais également à une grande partie de l’opposition accusant le Youtubeur de véhiculer un discours politique qui frôle avec l’islamisme.

L’activiste Hadjer Hammadi, connue pour son féminisme et ses prises de positions hostiles aux islamistes, accuse dans un poste sur sa page Facebook le youtubeur Anes Tina de «véhiculer un discours populiste et islamiste» avant de lui reprocher d’être une victime de «l’ignorance généralisée dans laquelle  la majorité du peuple  algérien baigne». Une positon appuyée par l’avocat  et militant Athmane Bessalemn.

La réplique est venue du même camp, par la militante qui s’est fait connaître par son activisme contre le quatrième mandat, Amira Bouraoui qui défend le youtubeur en lui avouant le mérite d’avoir le «courage de dénoncer» tout en admettant les contradictions de son discours «Je ne vois pas pourquoi ces salves de critiques contre Anes Tina, il n’a pas fait sciences Po, c’est juste un artiste qui exprime la pensée d’une jeunesse désœuvrée, dégoûtée et paumée qui a envie de quitter le pays. C’est pas à lui d’établir une feuille de route économique ou politique salvatrice. Lui a le courage d’exprimer un ras le bol de millions de jeunes. Il y a dans le contenu des choses contradictoires comme faire l’éloge de Voltaire et Rousseau tout en descendant Benghebrit car Benghebrit très timidement, frileusement c’est à une école dans ce genre qu’elle a tenté de faire un croquis. Elle a eu droit à une levée de bouclier d’une pensée crasse, la pensée qui nous maintien’ dans le statu quo. On a eu nos Voltaire et Rousseau Tina ! Kateb Yacine et Mouloud Feraoun et bien d’autres. Ils ont été enseveli sous la pensée crasse. Je pense que ce jeune comme d’autres artistes doivent être soutenus à s’exprimer davantage. Ils ont fait l’école Algérienne castratrice et qu’ils s’expriment courageusement c’est déjà un miracle en lui même !» a t-elle écrit sur son compte facebook officiel.

De son côté, la chaîne dé télévision Ennahar TV, connue comme un organe officieux de la propagande pro-pouvoir algérien, a répliqué dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux avec une vidéo intitulée «Rani Ferh’an» (Je suis heureux), dans laquelle, elle accuse Anes Tina sans le nommer de «vouloir détruire l’Algérie» et se faire «une notoriété sur le dos des souffrances du peuple algérien».

Le clip de Anes Tina continue par ailleurs à susciter la polémique sur les réseaux sociaux à la veille des élections locales et en parallèle avec les déclarations de l’avocat Me Farouk Ksentini annonçant avoir rencontré le chef de l’Etat Abdelaziz Bouteflika qui lui aurait exprimé son intention de briguer un cinquième mandat. Des déclaration vite démenties par la présidence de la république dans un communiqué lu sur la chaîne publique.