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Port du drapeau berbère : plusieurs manifestants placés sous mandat de dépôt

23/06/2019 21:06

Plus d’une douzaine de personnes ont été placées en détention provisoire, aujourd’hui dimanche 23 juin, pour atteinte à l’unité nationale, après qu’ils aient brandi le drapeau amazigh à Alger.

Les arrestations des manifestants jugés pour atteinte à l’unité nationale, ont eu lieu vendredi dernier lors du dix-huitième vendredi du mouvement populaire. Deux jours avant, le chef d’État major, Ahmed Gaïd Salah, avait mis en garde contre de tels agissements. À ce propos, il avait qualifié d’infiltration le port du drapeau autre que le drapeau national.

« L’Algérie possède un seul drapeau et unique drapeau. De ce fait, brandir un autre drapeau lors des marches est une question sensible. Brandir un autre drapeau que le national est une tentative d’infiltration des marches », avait déclaré Gaïd Salah, lors d’un discours prononcé à l’occasion de sa visite à Béchar.

Atteinte à l'unité nationale, ou atteinte à la liberté individuelle ?

Un peu plus d’une douzaine de personnes ont alors comparu devant le procureur de la république de Bab El-Oued. Selon l’avocat Noureddine Benissad « le rapport préliminaire porte sur deux chefs d’inculpation, à savoir le port d’un emblème autre que l’emblème national. Et atteinte à l’unité nationale ». Les mis en cause ont été placés en détention provisoire en attendant un nouveau procès.

Plusieurs partis, personnalités et associations ont dénoncé ces poursuites des manifestants jugés pour atteinte à l’unité nationale. Car ces porteurs d’étendards berbéres risquent 20 ans de prison. Le vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) a d’ailleurs, appelé à rester «mobilisés, unis et solidaires et surtout pacifiques». Le vice-président de Laddh a également appelé à la prudence afin « de ne pas tomber dans le piège de la provocation, la violence et la division ».

De son côté, le Réseau contre la répression, estime que «c’est une décision inacceptable». Ce réseau a introduit cette matinée un recours par le biais de ses avocats. Le collectif envisage aussi de déposer une demande de liberté provisoire dans les trois jours à venir ».