Présidentielle 2019 : L'étrange déclaration du ministre de l'Éducation

27/10/2019 15:54

Algérie - Le ministre de l'Éducation Abdelhakim Belabed a fait une étrange déclaration lors d'une visite à Annaba. Pour lui, les enseignants ont une grande responsabilité dans la sensibilisation autour de l'élection présidentielle du 12 décembre prochain. Aussi étrange que cela puisse paraître, il ne dira pas ce qu'il attend exactement du personnel enseignant.

« Depuis la colonisation, les enseignants ont toujours eu ce message noble pour sensibiliser et semer l'amour du pays et la fidélité », a affirmé le ministre de l'Éducation nationale. Il dit compter sur le personnel enseignant dans cette phase de l'histoire de l'Algérie. À ce titre, il dira : « Je compte sur tous les enseignants pour marquer cette phase historique que le pays traverse, avec leurs positions positives ».

Beaucoup trouvent étrange cette nouvelle sortie du ministre de l'Éducation. Comment les enseignants pourraient-ils sensibiliser autour du prochain rendez-vous électoral ? Il est clair que le ministre ne leur demande pas de faire campagne parmi les élèves, puisque les bambins n'ont pas l'âge de voter.

Les enseignants soutiendront-ils la présidentielle ?

Mais Abdelhakim Belabed appelle-t-il les enseignants à faire une campagne de sensibilisation dans leur entourage, en dehors de l'institution éducative ? Possible, mais faut-il encore que les enseignants eux-mêmes soient convaincus par l'élection présidentielle du 12 décembre.

Or, le corps enseignant a déjà manifesté dans les rues d'Algérie en soutien au Hirak. À moins que le ministre de l'Éducation veuille parler des dirigeants du syndicat de l’Éducation affiliés à l'UGTA. Et même pour eux, ce n'est pas évident qu'ils acceptent une telle mission, qui les mettrait dans la difficulté face aux citoyens, notamment leur entourage engagé dans le Hirak.

Enfin, le rejet par le peuple algérien de l'élection présidentielle est un véritable handicap pour les pouvoirs publics. En effet, les marches du vendredi montrent, chaque semaine aux décideurs, que le scrutin du 12 décembre n'est pas la solution à la crise.

Lire aussi : Comment les candidats à la présidentielle algérienne pourront-ils faire campagne ?

Laisser un commentaire