Aylan Afir
22/11/2019 14:19

Présidentielle en Algérie : Le pouvoir dos au mur

La campagne électorale pour l'élection présidentielle du 12 décembre arrive à son sixième jour. Les cinq candidats en lice et leurs différents staffs de campagne ne savent plus à quel saint se vouer. Il n'y a pas un endroit où ils ne trouvent pas des protestataires pour les perturber à coups de slogans hostiles. De leur côté, les autorités n'hésitent pas à réprimer les manifestants.

En effet, c'est à une campagne électorale pas comme les autres à laquelle assiste le monde entier. Les candidats et leurs soutiens sont tétanisés. Dans de nombreuses wilayas, les directoires de campagne sont invisibles. Leurs membres ne sont pas identifiés par le grand public. C'est dire l'embarras qu'a pris tous ceux qui soutiennent la présidentielle contre la volonté du peuple.

Le face-à-face est réellement tendu entre les activistes du Hirak et les candidats, leurs soutiens et les forces de l'ordre qui sécurisent les sorties électorales. Mais il faut reconnaître que les actions diffèrent d'un camp à l'autre. Entre la protestation dans la création et la répression des arrestations. Le génie populaire trouve des moyens ingénieux pour exprimer son rejet de la présidentielle programmée. En face, les forces de sécurité usent de répression pour limiter l'action de la population.

Le génie populaire et la présidentielle

En effet, le génie populaire parle quotidiennement à l'occasion de cette campagne électorale. Dans les wilayas où les panneaux d'affichage ont pu être installés, les adversaires de l'élection ont trouvé des astuces ingénieux et judicieux pour montrer leur désaccord. Dans certaines wilayas, l'Etat n'a trouvé personne pour installer ces panneaux comme en Kabylie.

A la place des portraits de candidats, les activistes du Hirak ont ensuite placé des portraits des détenus d'opinion. Les plus en colère ont choisi d'y accrocher des sacs-poubelles récupérés des bacs à ordures. "C'est pour dire aux candidats qui ont tourné le dos au peuple que leur sort sera les poubelles de l'histoire" expliquent ainsi de nombreux activistes, notamment sur les réseaux sociaux.

La création au lieu de la radicalisation

Il faut dire que le maintien de cette élection malgré le rejet populaire est vécu comme un coup de force. C'est ce qui a fait que le peuple algérien a opté pour l'escalade à l'occasion du lancement officiel de la campagne électorale. Mais sans tomber dans "le piège" de la radicalisation ou de la désobéissance civile. C'est ainsi que les activistes ont fait appel à leur génie pour agir dans l'esprit de création.

Dans ce sens, les manifestants ont choisi de mener des actions de rue, en plus des marches du vendredi et du mardi. Il s'agit d'aller vers la quotidienneté de l'action. C'est cette escalade qu'ils ont choisie. En plus des marches nocturnes menées depuis le début de la campagne dans plusieurs wilayas d'Algérie. Les contestataires vont vers des actions particulières.

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Des actions contre la présidentielle

En effet, les activistes du Hirak qui comptent de nombreux militants politiques n'oublient pas le succès qu'a connu l'opération "Mahraz" de soutien aux détenus d'opinion. Certains pensent déjà à occuper le mercredi par une action quelconque. A Tizi Ouzou, en Kabylie, des militants pensent à une soirée "Guitare" à l'esplanade de l'ancienne mairie.

Entre temps, dès qu'un candidat est annoncé dans une région, les populations se mobilisent spontanément pour perturber son action. Des perturbations qui se font à coups de slogans hostiles au candidat mais surtout à la présidentielle elle-même. Aucun candidat n'est épargné par les actions populaires et aucune région n'a dérogé à la règle. C'est définitivement une élection pas comme les autres.

Mais en face, il y a la répression. Pour l'instant, c'est le seul langage utilisé par les autorités avec les activistes du Hirak d'Algérie. Les forces de sécurité ont procédé à l'interpellation des dizaines de manifestants.

En face, la répression des arrestations

Depuis le premier meeting électoral de Ali Benflis à Tlemcen où la police a arrêté une vingtaine manifestants, les arrestations sont devenues quotidiennes. Comme lors d'un meeting du candidat Abdelaziz Belaïd a abouti à l'arrestation d'environ vingt manifestants. Ou lors des manifestations nocturnes dans les quartiers d'Alger où les policiers ont opéré des dizaines d'arrestations.

En définitive, le face-à-face entre le Hirak d'Algérie et les candidats à la présidentielle s'est bien installé dans la durée. On ne sait pas pronostiquer sur le devenir de cette campagne électorale. Mais la tension est présente et vive. D'ailleurs, c'était prévisible. Il s'agit de trouver comment éviter un quelconque dérapage. C'est la mission difficile de cette fin d'année.

Lire aussi : Campagne pour la présidentielle : Le face-à-face peuple-candidats est lancé

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