khaled Bel @ObservAlgerie
15/11/2019 10:59

Un islamiste algérien usurpe l'identité d'un français : La justice accusée de laxisme

Un islamiste notoire originaire du nord de la wilaya de Sétif, située à 300 KM à l'est de la capitale algérienne, aurait usurpé l'identité d'un Français. La victime, portant les initiales O. A. D, a porté plainte, mais accuse la justice algérienne de « laxisme ». Il raconte à Observ'Algérie son calvaire :

L'affaire remonte à la fin de l'année 1998, quand le mis en cause CH. KH, usurpe l'identité de monsieur O. A. D et demande le passeport français en son nom. Résidant illégalement en France, le présumé usurpateur s'approche de l'administration du département des Bouches-du-Rhône avec une fausse identité pour avoir des papiers de citoyenneté française. L'administration française délivre un passeport avec les informations personnelles de la victime, mais avec la photo de « l'islamiste barbu ».

La victime est un Franco-algérien établi depuis l’âge de 10 ans en Algérie. Né au 12e arrondissement de Paris, le 24 novembre 1956, d'une mère française et un père algérien. Il quitte le territoire français avec son père en 1966, suite à la séparation de ses parents. Il ne reviendra sur sa terre natale qu'en 1989 pour voir sa mère mourante.  La visite familiale était possible grâce à un visa touristique, car la victime « n'a jamais pensé à demander son passeport français  » a-t-il confié à Observ'Algérie.  « J'avais la charge de la famille, mes frères et sœurs, mineurs à l'époque, ma femme et mes enfants. Je n'avais ni le temps ni les moyens pour engager des procédures administratives pour avoir mon passeport français », regrette-t-il.

Usurpation d'identité, faux et usage de faux

En 2012, O. A. D décide alors de demander son passeport français auprès des services consulaires français à Annaba, située à 450 Kilomètres de la capitale Alger. Le consul l'appelle alors personnellement pour se renseigner. « Je réponds au téléphone et c'est le consul en personne qui est à l'autre bout du fil. Il m'informe qu'il y a surement un malentendu, car, selon lui, j'ai déjà mon passeport français délivré en 1999 et renouvelé en 2009 » nous raconte-t-il avant d'ajouter : « J'étais ébahi et j'ai affirmé à mon interlocuteur que c'est la première fois que je demande mon passeport français. Il me demande de revenir au consulat dans les plus brefs délais ».

Monsieur O. A. D se rend au consulat d'Annaba pour découvrir qu'une autre personne usurpe son identité. Un islamiste notoire de sa région en Kabylie, au nord de la wilaya de Sétif, dans la commune de Ain Legradj. Celui-ci a fui la justice, après s'être condamné à une année de prison ferme en France pour une affaire d'escroquerie. Par conséquent, la victime de l'usurpation est elle-même recherchée par la justice française.

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Laxisme de la Justice algérienne

« Je me retrouve dans un engrenage infernal qui dure des années. Je porte plainte contre l'usurpateur en Algérie pour usurpation d'identité et faux et usage de faux. Les services de sécurité algériens étaient plaisants avec lui. Le Tribunal de Beni Ourthilane l'a même acquitté, en dépit de toutes les preuves que j'ai présenté ( ... ) On dit qu'il a des relations avec des responsables influents en Algérie. Malgré cela, j'ai décidé de faire appel. Le tribunal de Sétif l'a condamné à une année de prison avec sursis », raconte la victime.

Monsieur O. A. D s’indigne du « laxisme de la justice algérienne» et de la légèreté  de la condamnation  devant la gravité des faits : « Ce monsieur est un faussaire qui a usurpé mon identité pendant une dizaine d'années. Il a commis des délits en mon nom. Il a failli détruire ma vie et celle de ma famille. La justice algérienne n'a pas jugé nécessaire de le condamner à une journée de privation de liberté ».

Le calvaire continue en France

Le calvaire de la victime ne s'est pas arrêté dans les rouages de la Justice algérienne. Les services consulaires français refusent de lui délivrer son passeport malgré son action en Justice. Un laissez-passer lui a été délivré pour se rendre en France et prouver son innocence. Après sept (7) ans, il se rend au cours du mois de novembre 2019, en France. Il se voit alors mis en garde à vu par la police des frontières à l'aéroport d'Orly.

Monsieur O. A. D est relâché après quelques heures suite à la vérification des empreintes digitales. Il est actuellement à Paris où il essaye de régulariser sa situation et reprendre contact avec sa famille. L'autre partie maternelle avec laquelle il s'est séparé depuis 53 ans.

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