Algérie - Turquie : La grande explication ce lundi à Alger

Le chef du Gouvernement d'union nationale (GNA) Fayez El Serraj est en visite en Algérie, lundi 6 janvier. Le ministre turc des affaires étrangères Mevlut Cavusoglu aussi. Est-ce la grande explication à Alger ? L’Algérie dénonce toute ingérence étrangère en Libye. Les autorités libyennes et turques n'ont pas consulté les dirigeants algériens à propos de l'accord sur une intervention militaire turque aux frontières Est de l'Algérie.

Ainsi, le président turc avait négocié avec le gouvernement libyen d’union nationale (GNA) une intervention militaire turque sur le territoire libyen, pour garantir la protection de ce gouvernement. D'un autre côté, le Parlement libyen, qui ne reconnait pas la légitimité du GNA, et acquis au général Haftar, dénonce une conspiration qui viserait la colonisation du pays. Le général Haftar a alors appelé la communauté internationale à retirer sa confiance au GNA.

Libyens et Turcs à Alger, un hasard ?

Il est clair que ce n'est pas un hasard que les responsables turcs et libyens se retrouvent le même jour dans la capitale algérienne. Même si le communiqué ne fait pas mention à la présence des dirigeants libyens à Alger. « Lors de réunions qui auront lieu à cette occasion, tous les aspects des relations bilatérales turco-algériennes seront discutés et l’on procédera également à un échange de vues sur les développements régionaux et les questions internationales » s'est contenté de dire le même communiqué.

Enfin, à noter que Fayez El-Serraj, sera accompagné d'une forte délégation de son gouvernement, notamment ses ministres des affaires étrangères et de l'intérieur. Parallèlement, le ministre des affaires étrangères turc, Mevlut Cavusoglu, sera en visite de deux jours en Algérie, le lundi 6 et le Mardi 7 janvier, annonce un communiqué de la République de Turquie.

Redynamiser le rôle de l'Algérie

Le président Abdelmadjid Tebboune a réuni, le 26 décembre dernier, le Haut conseil de sécurité (HCS). Cette réunion avait permis d’étudier le conflit libyen et de mesurer ses dangers et menaces sur le territoire algérien. Suite à cela, le HCS a décidé « d’entreprendre une batterie de mesures sécuritaires pour la protection des frontières algériennes ». Le Haut conseil a également décidé de « redynamiser le rôle de l’Algérie au plan international, en particulier dans la question libyenne ».

Alors que la Turquie a concrétisé l’envoi de ses troupes aux côtés de l’armée de Tripoli, l’Algérie a réaffirmé qu’elle « (n’acceptait) aucune présence étrangère sur le sol du pays voisin ». Cependant, le chef de la diplomatie algérienne Sabri Boukadoum a expliqué que « l’Algérie (allait) présenter des initiatives concrètes et pacifiques pour une sortie de crise ». Cette déclaration algérienne a bien été accueillie par les Libyens. En effet, Husseïn Al-Koni, le président du Conseil suprême des Touaregs libyens a adressé ses remerciements à l’Algérie pour sa prise de position concertant la crise libyenne.