Canada : Un policier condamné pour attaque raciste contre un Algérien

Canada - Le comité de déontologie policière de Montréal a condamné un policier à 15 jours de suspension sans solde et lui a adressé un dernier blâme pour avoir tenu des propos à connotation raciste contre un automobiliste d'origine algérienne, a rapporté ce vendredi 6 décembre le média local Le Journal de Montréal. 

Selon le même média, l’agent Éric Locas qui est à son sixième blâme aurait tenu des propos injurieux fondés sur la religion en disant au ressortissant algérien, Abdelkrim Rahal, qu’il se "fout de sa prière". Abdelkrim Rahal, qui est d'origine algérienne et de confession musulmane, s'est senti "visé par un acte raciste" de la part du fonctionnaire de police.

Les faits remontent à février 2017 lorsque l'agent de l'ordre avait intercepté Abdelkrim Rahal, circulant tôt le matin en voiture avec les phares éteints sur la rue Papineau à Montréal. Il s'adresse à lui avec une formule de salutation hébraïque : "Shalom".

Lorsque le policier interroge l’automobiliste sur ses phares éteints, Abdelkrim Rahal lui répond qu’il venait d’éteindre ses phares, parce que le soleil se lève. "À partir du moment où moi je fais ma prière quand je sors de chez moi, […] je sais à quelle heure se lève le soleil", explique-t-il à l’agent Locas. C’est à ce moment que le policier lui réplique violemment : "Je me fous de ta prière !" a-t-il dit avec virulence.

Le ressortissant algérien porte plainte contre la police de Montréal

Pour rappel, Abdelkrim Rahal avait porté plainte contre le policier Éric Locas pour ses propos racistes fondés sur sa religion, l'islam. L'Algérien affirme ainsi qu'il avait décidé de porter plainte contre le policier parce qu'il s'est senti "touché dans son amour-propre, qu’il ne s’est pas senti comme un Canadien à part entière". Le plaignant explique aussi que le policier avait envers lui une attitude irrespectueuse et offensante.

Le comité de déontologie de la police de Montréal a réagi en recommandant au policier de "revoir sa façon d’interagir avec les citoyens" lors de ses interventions. Les membres du comité considèrent que les propos du policier sont "objectivement injurieux et inappropriés" et qu’ils "affectent la confiance et la considération que requiert la fonction de policier".

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