Ahmed Oul
03/09/2019 18:39

Des migrants algériens privés d'argent liquide en France

Les migrants demandeurs d'asile en France, dont les Algériens, ne pourront plus effectuer de retrait en liquide. La « Carte d’allocation de demandeur d'asile » qui leur permettait d'effectuer leurs achats ne leur permettra plus de retirer de l’argent aux distributeurs de billets, a annoncé l’Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII).

Les Algériens demandeurs d'asile en France et les exilés issues d'autres nationalités, qui disposaient jusqu'ici d'une carte leur permettant de bénéficier d’une aide de 6,80 euros par jour – soit 204 euros par mois –, sera transformée en simple carte de paiement.

À partir du 5 septembre 2019, seuls les paiements dans les commerces seront acceptés. « La carte permettra gratuitement 25 paiements, dans la limite de son solde. Au-delà, il sera décompté 0,50 euros par opération », précise l’Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII)

Le directeur général de l’OFII, Didier Leschi, explique que cette nouvelle mesure vise en premier lieu à aider les demandeurs d’asile en France. « Nous avons constaté des problèmes concernant des fonds non utilisés. Par exemple, quand l’on a moins de 10 euros sur la carte, il n’est pas possible de retirer cet argent parce que les distributeurs de billets ne fournissent pas des billets de cinq euros », a-t-il annoncé.

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Une mesure pour décourager la venue des demandeurs d’asile en France ?

La ligue française des droits de l’Homme et 80 autres associations sont montés au créneau contre cette évolution qu’elles jugent particulièrement contraignante pour les demandeurs d'asile. Elles y voient « une façon de décourager la venue des demandeurs d’asile en France » et « un énième moyen de compliquer encore un peu plus la vie des demandeurs d’asile et de restreindre leurs droits fondamentaux ».

Dans une pétition adressée à l'Office français de l’immigration et de l’intégration, ces associations dénoncent cette mesure qui « risque donc de favoriser encore plus la précarisation des demandeurs d’asile non hébergés », car « près de la moitié des demandeurs d’asile ne se voient proposer aucune solution d’hébergement. Certains n’ont d’autres solutions que l’hébergement d’urgence, dont certains demandent un paiement symbolique. D’autres ne peuvent accéder qu’à des colocations avec paiement en liquide ».

Lire également : Visa pour les Algériens : La France s’oriente vers une nouvelle politique d’immigration

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