Aylan Afir
15/11/2019 13:36

Crise de Sonatrach : L'Algérie remet les clés de son pétrole aux étrangers ?

La nouvelle politique algérienne des hydrocarbures est désormais clairement tournée vers l'étranger. L'adoption hier jeudi par l'APN de la nouvelle loi sur les hydrocarbures et la nomination le même jour d'un nouveau Président-directeur général à la tête de la compagnie nationale Sonatrach suggère cette nouvelle orientation.

En effet, environ deux mois après la sonnette d'alarme tirée par Sonatrach sur la nécessité d'encourager les partenariats avec les géants pétroliers étrangers, les choses se font avec une grande célérité, voire dans la précipitation. L'on se rappelle qu'un document de la compagnie nationale parvenu à l'agence officielle APS a évoqué la difficulté de Sonatrach et l'appel à promulguer une nouvelle loi sur les hydrocarbures. Un texte qui ferait la part belle aux partenariats étrangers.

En fait, déjà en août, l'on parlait déjà d'une crise qui secouait Sonatrach. L'agence britannique Reuters avait fait parler une source interne pour alerter sur cette crise. Mais le désormais ex-patron de la société Rachid Hachichi a démenti cette information. « La production est en cours chez Sonatrach, mais tout le reste est totalement gelé, y compris les discussions avec les compagnies américaines Exxon et Chevron », avait affirmé la source de Reuters.

Les étrangers, solution à la crise de Sonatrach ?

Mais quelques semaines à peine après le démenti de Hachichi, les dirigeants se rendent à l'évidence et « reconnaissent » la difficulté. Ils limitent cependant la crise à la fameuse question des partenariats et l'urgence d'une nouvelle réglementation sur les hydrocarbures.

Et depuis jeudi 14 novembre, le chemin que prend le secteur semble bien tracé. L'Assemblée nationale a fait passer la nouvelle loi sur les hydrocarbures comme une lettre à la poste. Il n'y a presque pas eu de débat puisque l'opposition a boycotté la séance et la majorité (FLN, RND et des indépendants) a poursuivi son soutien au pouvoir exécutif.

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Sonatrach, un nouveau patron qui connaît bien les étrangers

Et signe que les dirigeants actuels de l'État sont pressés de réorienter la politique des hydrocarbures de l'Algérie vers l'étranger, le chef de l'État Abdelkader Bensalah a nommé un nouveau patron pour Sonatrach, en l'occurrence Kamelddine Chikhi. Un nouveau chef qui a longtemps travaillé au sein de la division des partenariats avec les étrangers. Donc quelqu'un qui a longtemps côtoyé les firmes étrangères.

Le président par intérim a procédé rapidement à ce changement à la tête de Sonatrach. Il n'a même pas attendu l'adoption de la nouvelle loi par la deuxième chambre du Parlement. Pressé, Bensalah sait pertinemment que les membres du Conseil de la nation vont adopter des deux mains le texte proposé. Que la loi passera facilement, comme à la chambre basse.

Des concessions au détriment des intérêts de Sonatrach ?

Les tenants du pouvoir ne veulent pas s'attarder sur les formes. Ils veulent coûte que coûte faire passer cette loi controversée avant l'élection présidentielle du 12 décembre. Feront-ils des concessions importantes au détriment des intérêts de Sonatrach et du peuple algérien ? Les adversaires de cette loi ont beaucoup dit sur la question. Ils ont beaucoup critiqué cet aspect lié aux partenariats avec les étrangers, mais rien ne montre clairement que les dirigeants cherchent à hypothéquer Sonatrach. Pour l'instant.

Lire aussi : Sonatrach, en grande difficulté, cherche des partenaires étrangers

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