Hakim M
27/03/2019 15:24

Fuites des capitaux : La réaction de la Banque d'Algérie

Les hauts responsables de la Banque d'Algérie ont démenti, ce mardi 26 mars, les allégations rapportées par certains médias sur le transfert de capitaux par le biais des banques, assurant que cette information « est dénuée de tout fondement », rapporte l'agence de presse APS.

À cet égard, les responsables ont expliqué que l'octroi de prêts bancaires aux clients relevait en premier lieu des pouvoirs des banques commerciales « conformément aux lois et réglementations en vigueur ».

Ils ont ajouté que « le dinar étant l’unique monnaie qui a cours légal en Algérie, aucune banque, et en aucun cas, ne peut octroyer et n’a octroyé un crédit en dollars ou en toute autre monnaie que le dinar. C’est le cadre légal. Toute autre assertion est infondée », affirment les responsables de la Banque d'Algérie.

Ces derniers soulignent que le transfert de capitaux a lieu dans le contexte des relations financières du pays avec le reste du monde dans trois cas.

Importation de biens et de services

Le premier cas concerne l'importation de biens et de services dans le cadre de la législation et de la réglementation régissant le commerce extérieur et les échanges en vigueur et selon les procédures établies.

Par conséquent, toutes les banques « sont tenues de veiller au respect de cette réglementation et de ces procédures, le contrôle des changes étant délégué à ces institutions », insistent les responsables de la Banque d'Algérie.

Avant d'ajouter que « chaque importation devait être réglée dans une banque et que le transfert dans le cadre du paiement des coûts d'importation intervient lorsque la banque reçoit des documents prouvant la bonne exécution du processus. La Banque d'Algérie procède régulièrement à une surveillance à distance et, si le processus
n'est pas conforme à la loi, elle établit des procès-verbaux d’infraction qui sont transmis aux juridictions compétentes », soulignent les mêmes responsables.

Couverture d’un investissement à l’étranger

Le deuxième cas de transfert de capitaux est « la couverture d’un investissement à l’étranger effectué par un opérateur résident en Algérie. De tels transferts ne peuvent avoir lieu que s’ils sont autorisés par le Conseil de la monnaie et du crédit (CMC) », poursuivent-ils.

À titre indicatif, sur les trois dernières années et à ce jour, le CMC n’a autorisé que le transfert en couverture des opérations de Sonatrach, font-ils savoir.

Transfert des dividendes liés à des investissements directs en Algérie

Quant au troisième cas de transfert de capitaux, il intervient dans le cadre du transfert des dividendes liés à des investissements directs en Algérie.

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À titre informatif, au cours des deux premiers mois de 2019, « il n’a été constaté aucune augmentation significative des transferts en devises par rapport aux mêmes mois des trois années précédentes », relèvent-ils.

Les hauts responsables de la Banque d'Algérie soutiennent ainsi que « le prétendu emballement des transferts de capitaux, par le canal bancaire, est dénué de tout fondement ».

Pour rappel, plusieurs activistes et personnalités politiques avaient lancé une alerte pour d'éventuelles fuites des capitaux.

Mokrane Ait Larbi avait appelé le Procureur général à poursuivre les corrompus, dans un message publié sur sa page Facebook.

Quant à l’économiste Smaïl Lalmas, il avait affirmé lors d’une conférence de presse en début de semaine qu’il détient « des informations de fuite de capitaux et d’octroi, ces derniers jours, de marchés antidatés ».

Le barreau d’Alger, de son côté, évoque des opérations bancaires douteuses de transfert de capitaux vers l’étranger dans un communiqué publié le dimanche 24 mars : « des informations crédibles font état d’opérations bancaires suspectes pour le transfert d’argent vers l’étranger dans le cadre de contrats et de marchés qui sont en contradiction avec l’intérêt général ».

Plusieurs alertes ont été lancées aussi par des citoyens sur les réseaux sociaux, où chaque jour des informations circulent sur des retraits d’argents suspects ainsi que de transfert de capitaux vers l’étranger.

Lire aussi : Algérie - dégel des importations pour apaiser les protestations

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