Pica Ouazi
14/11/2019 18:06

« L’Algérie va rentrer dans une phase d’austérité sévère », selon Youcef Benabdellah

L’économiste Youcef Benabdellah prévoit une période d’austérité dans un proche avenir. L’invité de la radio nationale, hier 13 novembre, a averti sur la nécessité d’aller vers des réformes sérieuses. Il signale l'urgence de ces dernières  pour sauver l’économie nationale.

Youcef Benabdellah rappelle que tous les indicateurs économiques sont au rouge. Il affirme que l’Algérie se dirige vers une « phase d’austérité sévère dans le très moyen terme, c’est-à-dire dans une année et demie ou deux ans ». L’économiste lance la sonnette d’alarme et avertit que « le pays a complètement raté son industrialisation, et a épuisé la majorité de ses réserves en hydrocarbures, et si on continue comme ça, on sera un pays à genoux ».

L’économiste déplore cette situation et reproche aux dirigeants du pays de ne pas suivre les conseils des spécialistes. Il plaide pour des révisions urgentes, regrettant le fait que l’Algérie ait raté cinq années depuis 2014 pour lancer de véritables chantiers de réformes. « Aucune mesure n’a été prise dans le sens de réformes structurelles, on se retrouve toujours dans l’attente, tétanisés par ce proche avenir qui approche à grands pas, et on attend que le pétrole nous sauve », affirme-t-il.

Youcef Benadellah appelle à construire « un consensus avec l’ensemble des acteurs de la société ». Il souligne que « jusqu’à présent, on s’est contenté d’un consensus rentier avec comme seul acteur l’État, ce n’est plus possible ».

Il est nécessaire de dépasser l'économie rentière

Par ailleurs, l’économiste considère que le débat qui s’installe sur le pétrole et les réserves de changes est faussé. Il préconise une nouvelle approche économique : « Il est plus que temps de penser à créer de la richesse. Il faut commencer par dire la vérité aux Algériens et rétablir les équilibres financiers à partir de cette vérité, je parle du budget de l'État qui peut être équilibré en revenant sur les transferts sociaux, un réservoir qui est là, mais pour cela, il faut une capacité régalienne pour puiser dans ce fonds ».

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Youcef Benabdellah conclut que « si on peut équilibrer le budget de l’État en puisant des financements par-ci, par-là, on ne peut pas, dans l’état actuel des choses, équilibrer la balance des paiements, car pour cela il faudra exporter et donc produire et ça ne se décrète pas, c’est là où réside le vrai chantier de la réforme, comment diversifier l’économie ».

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