Pica Ouazi
03/11/2019 16:33

L'effondrement du dinar algérien désormais inévitable

Le dinar algérien continue de vivre des moments difficiles. De même, la monnaie algérienne est appelée à être dévaluée afin de combler les déficits budgétaires auxquels le gouvernement ne peut faire face.

En effet, selon les experts, le dinar est surévalué. Actuellement cotée à 120 dinars pour un dollar, la monnaie algérienne est au-dessus de sa valeur réelle en tenant compte de la réalité économique de l'Algérie. En effet, l'économie algérienne traverse une grave crise. Les experts préconisent sa dévaluation afin de faire face aux déséquilibres financiers de la balance macro-économique du pays.

Une solution à laquelle a opté le gouvernement en douceur. Il prévoit une dévaluation graduelle durant les trois prochaines années. Sa cote passera de 120 à 123 dinars pour un dollar en 2020, puis à 128 en 2021 et à 133 en 2022.

Cette politique ne répond pas d’une façon efficace aux impératifs du moment, selon un expert de la Banque d’Algérie interrogé par le quotidien Liberté. Cet expert affirme que « la politique de la Banque d'Algérie est claire : le taux de change ne peut être qu’une variable d’ajustement. Car ce n’est pas en jouant sur la parité de la monnaie nationale que l’on parviendrait à rééquilibrer efficacement la balance des paiements. À moins de s’aventurer à dévaluer le dinar à des niveaux complètement irréalistes. De 100 % ou plus ».  Il ajoute que « les déséquilibres financiers extérieurs sont dus en grande partie à ceux du budget de l’État. Et l’ajustement du dinar dans des proportions limitées ne peut donc être qu’une simple mesure d’accompagnement des réformes qu’il faudra opérer en ce domaine ».

Ces mesures mi-figue mi-raisin ne pourront plus pouvoir juguler un déficit qui ne cesse de grandir. Ce déséquilibre est accentué par la conjoncture, où les prix des hydrocarbures sont à la baisse et la situation socioéconomique difficile pour les citoyens, empêchant toute mesure antisociale. Ces données imposent la dévaluation significative de la monnaie nationale pour éviter l’effondrement de la balance économique très fragile.

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Un coup dur porté au pouvoir d'achat des Algériens

Lachemi Siagh, spécialiste en stratégie et financement international, affirme que le dinar est surévalué. Il explique que « dans les économies de marché, le prix des biens, des services et des monnaies convertibles est fixé par le jeu de l’offre et de la demande. Tandis qu’en Algérie, la monnaie n’est pas convertible et sa valeur est fixée par la Banque d’Algérie de façon administrative en prenant en compte un certain nombre de paramètres d’équilibres et de règles du FMI ».

Ce spécialiste ajoute qu'« en se basant sur la loi de l’offre et de la demande, la valeur du dinar fixée par le marché serait celle du marché parallèle. À savoir 200 dinars pour 1 euro. Mais l’établir à ce niveau, même si cela a de grands avantages en ce qui a trait au budget de l’État, engendrerait néanmoins de graves conséquences sur le pouvoir d’achat ».

Étant un pays avec une économie basée exclusivement sur les hydrocarbures, la majorité des produits de base sont importés avec de la devise. La dévaluation du dinar aurait un effet très néfaste sur le pouvoir d’achat. Les prix flamberont d’une façon significative et intenable pour les ménages algériens qui connaissent déjà de très grandes difficultés.

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