Le mérite revient à Abdelaziz Bouteflika, selon le président de l’Académie algérienne de la langue amazighe (OPINION)

Mohammed Djellaoui, président de l'Académie algérienne de la langue amazighe
Mohammed Djellaoui, président de l'Académie algérienne de la langue amazighe

Opinion – Le président de la toute nouvelle Académie algérienne de la langue amazighe (AALA), Mohammed Djellaoui, vient de faire une déclaration qui risque de provoquer une grosse polémique, notamment parmi les militants de la cause berbère.

« […] Tamazight a pu retrouver sa place grâce aux efforts et à la volonté du Président de la République, ce qui a redonné à la langue amazighe sa place dans la société algérienne », a déclaré Mohammed Djellaoui, cité par l’APS et qui s’exprimait à Bouira en marge d’une rencontre organisée par l’Association nationale de promotion de la citoyenneté et des droits de l’homme.

Le président de l’AALA ajoute : « D’une langue nationale à une langue officielle, puis à l’officialisation de la fête de yennayer, et enfin à la naissance de l’AALA grâce à un long combat identitaire, et surtout à la volonté du Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, à qui je rends un grand hommage pour avoir donné à Tamazight sa place sur la scène linguistique nationale et officielle ».

Mohammed Djellaoui met une emphase sur le mot « surtout » pour placer la volonté du Président de la République en première position devant le combat identitaire. Le chef de l’AALA ne sait-il pas que ce sont les décennies de lutte des militants de plusieurs générations qui ont amené le pouvoir – représenté par le chef de l’État – à céder devant la pression des militants et des populations, notamment de Kabylie ?

Cette énième provocation ne se contente pas de donner un sacré coup à la crédibilité de l’Académie de la langue amazighe et à son président désigné, mais montre surtout que les vrais militants de la cause amazighe ne peuvent pas compter sur cette institution et ses membres pour le développement et la promotion du berbère.

Les militants sont contraints de rester plus que jamais vigilants. Par exemple, ils ne doivent en aucun cas faire confiance à l’AALA sur la question de la transcription de la langue amazighe, l’organisme dirigé par Mohammed Djellaoui étant sur une optique plus idéologique que scientifique.

D’autant que la composante de cette institution rattachée à la Présidence de la République ne compte aucun universitaire connu pour son travail pour tamazight, alors que des personnages tels Salem Chaker, Brahim Tazaghart, Kamel Bouamara ou Ramdane Achab sont laissés sur les bancs.

P.-S. Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de la rédaction d’ObservAlgerie.