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04/04/2019 20:00

Algérie : Les deux voies possibles à suivre dans l'après-Bouteflika

Par Aylan Afir

D'aucuns s'interrogent sur la suite des événements au lendemain de la démission du président de la République Abdelaziz Bouteflika, moins de deux mois après le déclenchement du mouvement populaire en Algérie, et surtout, suite aux pressions du chef de l'État-major de l'ANP, Ahmed Gaïd Salah.

La voie de l'article 102

Ainsi, il est question pour le chef de l'État-major de l'ANP, Ahmed Gaïd Salah d'insister sur l'application de l'article 102 de la Constitution qui écourte le mandat de l'ex-président Bouteflika et qui précède d'autres articles montrant la voie à suivre, notamment ceux qui stipulent que le président du Conseil de la nation prend l'intérim et organise de nouvelles élections présidentielles dans un délai de 90 jours.

Cette hypothèse proposée par Ahmed Gaïd Salah est soutenue par certains hommes politiques, à l'instar de l'ex-chef du gouvernement et actuel président du parti Talaie El Hourriyet, Ali Benflis, mais aussi des personnalités comme Zoubida Assoul et Ali Ghediri, ex-candidat à l'élection présidentielle qui devait se tenir le 18 avril 2019.

C'est ce qu'on pourrait appeler la solution constitutionnelle à cette crise, celle qui évite le vide institutionnel dont ont peur de nombreux responsables politiques, notamment ceux du système.

L'option de l'assemblée constituante

De l'autre côté, il y a l'hypothèse de la période de transition en dehors du cadre constitutionnel. C'est une hypothèse qui ne limite pas cette période à trois mois uniquement, mais peut faire durer la transition jusqu'à une année, sans que cela débouche sur une élection présidentielle.

C'est probablement cette voie que revendique la majorité du peuple algérien, en mouvement depuis au moins le 22 février dernier, notamment en nommant des personnalités crédibles et indépendantes à la tête de la transition.

Dans cette optique, des instances de la transition devraient être installées. La composition de ces instances devrait être consensuelle, offrant des places à certains membres du système pour éviter la rupture brutale. Pour les partisans de cette option, notamment certaines personnalités comme Mustapha Bouchachi, Karim Tabbou et certains partis politiques à l'instar du FFS et du RCD, cette période de transition devrait aboutir vers l'élection d'une Assemblée constituante, chargée, comme son nom l'indique, exclusivement de la rédaction d'une nouvelle constitution.

Ce sont eux, les partisans des articles 7 et 8 de la Constitution qui stipulent respectivement que « le peuple est la source de tout pouvoir » et « le pouvoir constituant appartient au peuple ». Ce sont eux aussi, qui revendiquent une solution politique en dehors du cadre constitutionnel.

Ces deux articles ont été évoqués par le général de corps d'armée Ahmed Gaïd Salah aux côtés de l'article 102 de la même constitution. En évoquant ces trois articles ensemble, voulait-il réunir le consensus autour de sa démarche ? L'avenir proche nous le dira.

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