Algérie : Ce qu'il faut retenir de la conférence nationale de dialogue

06/07/2019 19:05

La conférence nationale de dialogue s'est tenue, ce samedi 6 juillet, à l’Ecole supérieure d’hôtellerie de Aïn Benian, à Alger. Elle a regroupé entre autres, les partis politiques dirigés par Ali Benflis, Abdallah Djaballah, Abderrezak Makri, Noureddine Bahbouh et Soufiane Djilali, alors que les partis des forces de l’alternative démocratique regroupant sept formations politiques, notamment le FFS, RCD, PT, UCP, PST, MDS, PLD ainsi que la LADDH, ont préféré boycotter cette rencontre.

Les responsables des partis organisateurs déplorent l'absence de camp des démocrates et des personnalités nationales invitées. L’ex-président Liamine Zéroual, l'ancien chef de gouvernement Mouloud Hamrouche, Me Ali Yahia Abdennour et le diplomate Taleb Ibrahimi ont tous décliné l'offre de Abdelaziz Rahabi, coordinateur de la conférence. Concrètement, dix partis politiques, cinq confédérations syndicales en plus de 80 associations de la société civile ont participé à cette conférence.

L'offre de dialogue de Bensalah favorablement accueillie

La majorité des participants a favorablement accueilli l’appel au dialogue lancé par le président intérimaire, Abdelkader Bensalah. Nourredine Bahbouh, président de l’Union des forces démocratiques et sociales, a appelé le peuple algérien et la classe politique à accepter l’offre de dialogue de Bensalah.

De son coté, Abderazak Makri juge que l’offre de Abdelkader Bensalah est une bonne initiative, mais il émet des réserves en plaidant indirectement pour le départ de Bensalah et son remplacement par une personnalité crédible.

Le président de Talaie El Houriyet estime que le pouvoir a bien fait de déclarer qu'il n’est ferait pas partie du dialogue. Il déclare : « Dans son dernier discours, Bensalah propose une base incomplète, mais avec laquelle on peut travailler pour mettre en place un plan de sortie de crise ».

Le président de Jil Jadid, Sofiane Djilali, a appelé au départ du gouvernement de Nourredine Bedoui et du chef d'État Abdelkader Bensalah, comme préalable au dialogue.

« Il n’est pas possible de dialoguer alors que des jeunes et des moudjahidines sont en prison pour avoir participé à une manifestation, avoir arboré l’emblème Amazigh ou même avoir critiqué les dirigeants du pays ».

Des élections présidentielles dans les plus brefs délais

Les participants ont souligné la nécessité d’aller dans les brefs délais à l’organisation des élections présidentielles, comme voulu par le pouvoir. La plupart des intervenants ont estimé que le dernier message du chef de l'État , révèle une volonté du changement et contient plusieurs garanties.

Ali Benflis a salué la décision du pouvoir de ne pas prendre part au dialogue et de céder la totalité du processus de  l’organisation de l’élection présidentielle aux représentants de mouvement populaire. Il estime que le pays vit une crise et qu'il est important d’aller vers un dialogue calme sincère et raisonnable mené par des personnalités consensuelles et dignes de confiance.

Le président du mouvement de la société et la paix le MSP, Abdarezak Makri a considéré que la classe politique et la société civile doivent contribuer à la concrétisation de l’initiative de dialogue national. Il a appelé à la tenue des élections présidentielles avant d'entreprendre la moindres reforme. « La réalisation des grandes réformes ne peut se faire avant la tenue de l’élection présidentielle qui doit se tenir dans les plus brefs délais ».

Exiger la libération des détenus d'opinion

Djilali Sofiane souligne que pour la réussite de ce dialogue, « il est nécessaire d’avancer des gages de bonne volonté de s’entendre sur une feuille de route et d’aller vers la mise en forme des garanties négociées ». Le président de Jil Jadid a appelé à la libération de tous les détenus politiques.

« Il n’est pas possible de dialoguer alors que des jeunes et des Moudjahidines sont en prison pour avoir participé à une manifestation, avoir arboré l’emblème Amazigh ou même avoir critiqué les dirigeants du pays (...) Si ce pouvoir est sincère dans sa volonté d’aider au changement exigé par le peuple, tel qu’il le proclame, il doit remettre en liberté tous les détenus d’opinion ».

Dans le même sillage, le président de Ahd 54, Ali Faouzi Rebaine a dénoncé dans son intervention, l'emprisonnement de moudjahid Lekhdar Bouregaa. Il déclare que « c’est une honte pour le pouvoir d’emprisonner un moudjahid comme Bouregaa ».

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