Corruption : l’ancien ministre Abdeslam Bouchouareb gravement accusé

L’ancien ministre de l’industrie, Abdeslam Bouchouareb, fait à nouveau face à de graves accusations d’abus de pouvoir par rapport à des décisions prises à l’époque où il était encore en poste au gouvernement.

En effet, le président du conseil d’administration du groupe automobile Achaibou, Mohamed Achaibou, a accusé l’ancien ministre Abdeslam Bouchouareb d’avoir « organisé la faillite du groupe Achaibou en le dépouillant de ses marques pour les donner à ses parents ou amis ». Dans ce sens, il rappelle notamment que la demande d’agrément pour le montage automobile déposée en janvier 2016 par Kia Motors Algérie, filiale de son groupe, n’a connu aucune suite et ce malgré le partenariat qui existe depuis l’an 2000 entre cette filiale et le constructeur automobile japonais.

Dans une lettre adressée au chef de l’État Abdelaziz Bouteflika et parue sur les colonnes du journal El-Watan, Mohamed Achaibou accuse également l’ancien ministre d’avoir permis d’ « importer un quota de 460 véhicules en décembre 2016 alors que les contingents à l’importation de véhicules n’étaient ouverts que du 14 janvier au 3 février 2016 ».

L’ancien ministre, qui a été remercié au mois de mai dernier à l’issue du remaniement ministériel ayant suivi le départ d’Abdelmalek Sellal et la nomination d’Abdelmadjid Tebboune à la tête du gouvernement, n’a pas commenté ces accusations.

Bouchouareb et Amar Ghoul dans le collimateur de la justice

Les ex-ministres Abdeslam Bouchouareb et Amar Ghoul seraient tous deux en passe d’être jugés dans des affaires de détournement de fonds publics, a-t-on appris de sources concordantes.

Selon les mêmes sources, c’est le ministre de la justice garde des sceaux, Tayeb Louh, qui aurait instruit le procureur général près la Cour suprême d’ouvrir une enquête contre les deux anciens ministres, pour leur implication supposée dans des affaires de mauvaise gestion et de détournement de fonds publics. Ainsi, Amar Ghoul serait soupçonné d’être impliqué dans des détournement de terres agricoles et de terrains réservés au secteur du tourisme, Abdeslam Bouchouareb serait, quant à lui, soupçonné d’avoir détourné des fonds se chiffrant à un (01) milliard de Dollars à l’époque où il occupait le poste de ministre de l’industrie, ont indiqué les mêmes sources.

RND : Ahmed Ouyahia ne veut plus d’Abdeslam Bouchouareb

Le secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), Ahmed Ouyahia, ne veut plus de l’ancien ministre de l’industrie Abdeslam Bouchouareb au sein du Bureau national de son parti, assurent des sources internes au RND.

En effet, selon des sources internes au RND, Ahmed Ouyahia aurait ordonné le gel de l’adhésion d’Abdeslam Bouchouareb au sein du bureau national du parti. Cette décision aurait été prise par l’actuel premier ministre de manière unilatérale, sans informer les autres membres du bureau, assurent les mêmes sources.

Toutefois, d’autres sources assurent que c’est Bouchouareb lui même qui aurait demandé à quitter le parti d’Ahmed Ouyahia.  « Monsieur Bouchouareb a adressé une lettre au SG du RND lui demandant de le décharger de ses responsabilités partisanes pour des raisons personnelles. Le SG a accepté »  a déclaré ainsi le porte parole du RND Seddik Chihab, cité par le quotidien en ligne TSA.

Rappelons qu’Abdeslam Bouchouareb, ancien ministre de l’industrie qui a été au coeur d’une polémique après avoir été cité dans le scandale des Panama papers, a également occupé le poste de chef de cabinet d’Ahmed Ouyahia au sein du RND. Son avenir au sein du RND sera connu officiellement lors de la réunion du bureau national du parti prévue pour vendredi 08 septembre.

L’ex-ministre Abdeslam Bouchouareb « chassé » du Club des pins

L’ancien ministre de l’industrie sous le gouvernement de Sellal, Abdeslam Bouchouareb, s’est vu signifier de quitter sans délais la résidence d’État du club des pins où il occupe deux villas, a-t-on appris ce dimanche.

Selon le journal électronique Algérie 1 qui rapporte l’information, c’est le président de la résidence d’État du club des pins, Hamid Melzi, qui aurait signifié à Abdeslam Bouchouareb de quitter les lieux et de restituer les clés des deux villas qu’il y occupe. L’une de ses villas est occupée par Bouchouareb tandis que l’autre est occupée par sa soeur, précise la même source.