Libye : Khalifa Haftar évoque de nouveau l’Algérie

Le maréchal libyen Khalifa Haftar a de nouveau évoqué l’Algérie, dans un discours qu’il a prononcé avant-hier jeudi à l’occasion d’une cérémonie en son honneur dans l’Est de la Libye.

Khalifa Haftar, qui avait menacé il y a quelques jours l’Algérie de « transférer la guerre sur ses frontières en quelques instants » a cette fois changé radicalement d’approche, en évoquant le rôle de ce pays dans le processus de paix en Libye.

« Chaque pays a apporté de l’aide selon ses moyens » a déclaré le maréchal libyen, ajoutant que « l’Algérie nous a beaucoup aidés ces quatre dernière années ». Après ses menaces contre l’Algérie, le chef de guerre libyen semble ainsi vouloir s’assurer le soutien de ce pays dans une certaine mesure, d’autant plus que ses derniers propos ont été largement critiqués tant de la part du gouvernement de Tripoli que des médias algériens.

Il est d’ailleurs à rappeler que Khalifa Haftar est revenu sur ses menaces il y a quelques jours en accusant la chaîne qatarie Al-Jazeera, qui avait diffusé ses propos de « vouloir créer une crise » entre la Libye et l’Algérie.

Lire : Libye : Khalifa Haftar menace de déclencher une guerre contre l’Algérie (vidéo)

Menaces contre l’Algérie : Haftar explique ses propos

Le maréchal libyen autoproclamé Khalifa Haftar a accusé le Qatar de chercher à déclencher une crise entre son pays et l’Algérie, à la suite de ses déclarations qui ont été rapportées par la chaîne qatarie Al-Jazeera

Le maréchal libyen aurait ainsi déclaré au ministre italien des affaires étrangères que « ce qui a été rapporté sur [ses] menaces contre l’Algérie est infondé », rapporte le média arabophone Al-Sharq Al Awsat citant Khalifa El-Abidi, chargé de communication du bureau du maréchal libyen autoproclamé.

Selon la même source, Khalifa Haftar a accusé la chaîne de télévision Qatarie de vouloir « créer une crise entre la Libye et l’Algérie en déformant [ses] propos tenus lors d’une rencontre avec des citoyens libyens ». Le chargé de communication de Haftar a ainsi indiqué que celui-ci a déclaré que ses forces avaient remarqué l’entrée sur le territoire libyen de plusieurs personnes armées venant d’Algérie, et qu’il s’est avéré après vérification qu’il s’agissait d’éléments de la Gendarmerie nationale algérienne qui ont traversé par erreur la frontière avec la Libye.

À noter qu’il y a quelques jours, le porte-parole de Khalifa Haftar, le colonel Ahmed Mesmari a également accusé le Qatar de chercher à déclencher une crise entre la Libye et l’Algérie.  « Les relations entre la Libye et l’Algérie sont plus grandes que la chaîne Al-Jazeera et le Qatar » avait-il déclaré.

Menaces contre l’Algérie : Khalifa Haftar s’explique

Le maréchal libyen autoproclamé, Khalifa Haftar s’est rétracté par rapport à ses propos tenus à l’encontre de l’Algérie qu’il avait accusée de mener des incursions dans le territoire libyen.

S’exprimant au cours d’une conférence de presse tenue hier lundi, le porte-parole de Khalifa Haftar, le colonel Ahmed Mesmar a accusé la chaîne qatarie « Al Jazeera » de «chercher à créer une crise avec l’Algérie», affirmant que «les relations entre la Libye et l’Algérie sont plus grandes que la chaîne Al-Jazeera et le Qatar»

«Avec les Algériens, nous sommes arabes et musulmans. Nous sommes un seul pays. Nos relations ne sont pas uniquement économiques ou politiques, elles sont aussi sociales et historiques» a déclaré le colonel Ahmed Mesmari, porte-parole l’Armée nationale libyenne (LNA) dirigée par Khalifa Haftar, ajoutant que «la Libye et l’Algérie sont liées par des liens sociaux et politiques et se trouvent dans la même tranchée».

À noter que le ministre libyen des affaires étrangères Mohamed Tahar Siala, qui s’est entretenu avec son homologue algérien Abdelkader Messahel a présenté officiellement les excuses de son pays à l’Algérie pour « les propos irresponsables de Haftar».

Menaces de Haftar contre l’Algérie : première réaction officielle

La première réaction officielle aux menaces du maréchal libyen Khalifa Haftar contre l’Algérie est tombée ce lundi, deux jours après les propos qui ont suscité une vive polémique du côté algérien.

Ainsi, le ministre libyen des affaires étrangères,  Mohamed Tahar Siala a présenté officiellement les excuses de son pays à l’Algérie pour « les propos irresponsables de Haftar », a indiqué la télévision nationale ENTV dans son journal de 13h00.

Selon la même source, le ministre libyen des affaires étrangères a présenté les excuses de son pays dans un entretien téléphonique avec son homologue algérien Abdelkader Messahel. Ce dernier a notamment indiqué que les déclarations de Khalifa Haftar ne sauraient remettre en cause « les relations fraternelles » entre les deux pays, tout en réitérant la volonté de l’Algérie à œuvrer pour un règlement pacifique de la crise qui secoue actuellement la Libye.

À rappeler que Haftar avait ouvertement menacé l’Algérie de « transférer la guerre à ses frontières en quelques instants », et ce dans des propos qu’il avait tenus devant ses partisans samedi 8 septembre. Ces déclarations sont, de l’avis de plusieurs observateurs, une tentative du maréchal libyen autoproclamé de redorer son image sur le plan interne à l’approche des élections législatives et présidentielles qui devraient se tenir à la fin de l’année en cours.

Libye : une famille algérienne enlevée par des hommes armés

Une famille algérienne, habitant la ville libyenne de Benghazi, aurait été enlevée par des hommes armés au cours de la semaine dernière, a-t-on appris de sources concordantes.

Selon les mêmes sources, qui citent l’un des membres de ladite famille, trois membres de celle-ci ont été enlevé mercredi dernier de leur domicile situé à Benghazi. Il s’agit de la mère de famille, âgée d’une cinquantaine d’années, ainsi que de ses deux fils âgés de 21 et 18 ans.

Le père de cette famille, cité par le journal arabophone Echorouk, accuse notamment des milices du maréchal libyen Khalifa Haftar, d’être responsables de ce rapt, qui serait selon lui le résultat d’un complot tramé par son gendre résidant en Suède. « Ma fille avait demandé le divorce, chose qui l’a largement contrarié, alors qu’il a été condamné par la justice suédoise à une peine d’utilité publique de 72 heures suite à ses actes de violence, en attendant que le tribunal tranche dans la garde des enfants » a indiqué le concerné au média sus-cité.

Toujours selon le même média, le père de famille a interpellé les autorités algériennes pour intervenir et résoudre la situation. À noter que les raisons de cet enlèvement ne sont toujours pas clairement établi, et qu’aucune source officielle n’a encore communiqué à ce sujet.