Arabisation. Algérie Poste supprime la langue française de ses documents officiels

Algérie Poste a pris la décision de supprimer la langue française de tous les documents officiels émis par ses services, et de la remplacer par « la langue nationale », a-t-on appris ce vendredi.

Selon le journal arabophone Echorouk qui rapporte l’information, Algérie Poste a pris la décision de supprimer la langue française de tous les documents officiels émis par ses services, et de la remplacer par « la langue nationale ». La décision a été prise lors de la dernière réunion du conseil d’administration d’Algérie Poste en date du 04 juillet dernier, réunion qui a été présidée par la ministre de la poste et des technologies de l’information et de la communication Houda Imène Feraoun, précise la même source qui cite le procès verbal (PV) de cette réunion.

Ainsi, Algérie Poste rédigera désormais ses documents officiels en langue nationale, sans préciser s’il s’agit uniquement de la langue arabe évoquée dans la constitution comme « langue nationale et officielle de l’État » ou de Tamazight qui est également une « langue nationale et officielle » selon la constitution révisée en 2016.

Toutefois, la nouvelle décision d’Algérie Poste peine à être appliquée sur le terrain puisqu’elle rencontre une résistance à plusieurs niveaux au sein de cette entreprise, a précisé la même source.

En outre, plusieurs personnalités parmi les défenseurs de l’arabisation se sont exprimés sur cette décision et sur le fait qu’elle peine à être appliquée sur le terrain. Le président de l’association nationale de défenses de la langue arabe, Othmane Saadi, qui a plusieurs fois créé la polémique pour ses positions hostiles envers l’Amazighité, estime ainsi que « ceux qui se dressent contre l’arabisation » sont « connus ». Il s’agit selon lui « du lobby francophone qui domine l’État, qui s’attaque à la langue arabe et veut la faire disparaître, particulièrement au sein de l’administration ». Othmane Saadi a en outre salué la décision d’Algérie Poste, estimant qu’elle devait « servir d’exemple ».