Kabylie: « Marche des libertés » en soutien au blogueur Merzouk Touati

Le comité pour la libération de Merzouk Touati appelle à une « marche des libertés » pour le 20 novembre prochain à 11h à Béjaia. « Pour exiger la libération sans conditions de tous ces détenus, le Comité pour la Libération de Merzouk Touati organise la marche des libertés le 20 NOVEMBRE 2018, à 11H du campus Targua Ouzemour à la place de la liberté d’expression Said Mekbel », lit-on dans l’appel dudit comité.

Les membres du comité de soutien au blogueur algérien condamné à 7 ans de prison ferme en juin dernier, ont initié plusieurs actions de solidarité en faveur de la famille du détenu. Récemment, une grande rencontre artistique a eu lieu dans la capitale française Paris, menée par des militants en collaboration avec ledit comité, en signe de solidarité envers Merzouk Touati.

Pour rappel, le blogueur Merzouk Touati qui tenait un blog dénommé « Al Hogra » (mépris en arabe algérien), où il a publié une interview avec un diplomate israélien, est incarcéré à la prison de Béjaia depuis janvier 2017.

La justice algérienne l’a en effet condamné en première instance à 10 ans de prison ferme. Après une première condamnation, Merzouk Touati s’est pourvu en cassation et son dossier a été renvoyé à la Cour suprême. Le 21 juin, le verdict tombe, la peine est réduite de 10 à 7 ans de prison.

Amnesty international et Reporters sans frontières ont demandé sa libération, où tout au moins, un réexamen de son dossier.

Affiche de l’appel:

Kabylie - Béjaia. Comité pour la libération de Merzouk Touati - Marche des libertés
Kabylie – Béjaia. Comité pour la libération de Merzouk Touati – Marche des libertés

Algérie: récit du procès des journalistes Abdou Semmar et Merouane Boudiab

Mise à jour (08/11/2017 à 22h55). Les deux journalistes Abdou Semmar et Merouane Boudiab, jugés aujourd’hui au Tribunal de Bir Mourad Rais à Alger, ont été remis en liberté. Ils sont respectivement; le rédacteur en chef et le directeur général du site d’information AlgériePart.

Le procès d’Abdou Semmar et Merouane Boudiab devait se tenir ce matin à 9h. Une vague de mobilisation en soutien aux journalistes arrêtés s’élargit de jour en jour. Amnesty internationale avait participé au rassemblement qui s’est tenu à l’entrée du tribunal lors de ce procès.

Tout au long de la journée de jeudi 8 Novembre Observ’Algérie a suivi à distance le procès qui devait se tenir à 9h du matin. Notre source sur place, nous informe que le procès a été reporté jusqu’à 13h pour finalement n’avoir lieu qu’à partir de 18h.

Le procès des journalistes, une affaire politique

Le Procureur de la République chargé de cette affaire aurait demandé « un complément d’enquête». Selon nos sources, l’avocat de Anis Rhmani aurait demandé « deux millions de dinars algériens (2000 000,00 DA) comme dommages et intérêts». L’avocat du wali d’Alger aurait quant à lui demandé « 50 millions de dinars, (500 000 00,00 DA) comme dédommagement».

Alors que les Avocats des deux journalistes avaient plaidé pour «le rejet de toutes les accusations contre leurs clients». Les défenseurs d’Abdou Semar et de Merouan Boudiab ont, selon notre source, dénoncé «un dossier politique fabriqué de toutes pièces».

Maître Abdelghani Badi a appelé à ce « que le ‘Code de l’information’ soit appliqué et non le ‘Code pénal’ ». « En dernier lieu, je suis là pour faire de la politique parce que dans ce dossier, il n’y a rien de juridique» aurait t-il déclaré.

Sit-in de solidarité avec les journalistes détenus

Une cinquantaine de personnes, parmi elles des militants pour les droits de l’homme, des journalistes, des représentants d’associations et des citoyens, ont tenu un sit-in ce matin devant le tribunal, en solidarité avec les journalistes arrêtés.

Les deux journalistes Abdou Semmar et Merouane Boudiab sont poursuivis pour « menaces, diffamation et atteinte à la vie privée des gens ».

Le Maroc abandonne des milliers de migrants à la frontière avec l’Algérie

Plusieurs milliers de migrants subsahariens auraient été abandonnés par le Maroc dans des zones isolées à la frontière avec l’Algérie, a indiqué l’ONG de défense des droits de l’homme Amnesty International.

Dans un rapport rendu public hier vendredi, Amnesty International indique ainsi que « quelque 5 000 personnes ont été arrêtées depuis juillet, entassées dans des bus et abandonnées dans des zones isolées proches de la frontière algérienne ou dans le sud du pays ».

« Le gouvernement multiplie les raids dans le nord du pays. Depuis fin juillet, la police marocaine, ainsi que la gendarmerie royale et les forces auxiliaires, procèdent à des raids majeurs dans les quartiers de plusieurs villes où vivent les réfugiés et les migrants, d’une intensité particulière dans les provinces du nord du pays de Tanger, Nador et Tétouan, qui bordent la frontière espagnole » explique l’organisation non-gouvernementale.

Qualifiant cette situation de « choquante », Amnesty International estime que « les autorités marocaines doivent immédiatement mettre fin à ces arrestations discriminatoires et défendre les engagements positifs pris ces cinq dernières années concernant le respect des droits des migrants ».

Espionnage pour Israël en Algérie: Un Jeune blogueur de Kabylie risque la peine de mort

Algérie – Merzoug Touati, un jeune blogueur originaire de Bousselam, une localité Kabylophone située à l’extrême nord ouest de la wilaya de Sétif, âgé de 29 ans, a été arrêté le mois de janvier 2017 à Béjaia devant sa maison familiale. Il est accusé d’« incitation à prendre les armes contre l’autorité de l’État », « incitation à un attroupement non armé », « intelligence avec une puissance étrangère dans le but de nuire aux relations diplomatiques » et « incitation à des rassemblements et des sit-ins dans des lieux publics ».

Le procès du jeune blogueur devrait s’ouvrir demain le 24 mai, après deux prolongations de la détention provisoire. Selon Amnesty International «Merzoug Touati encourt la peine de mort pour des accusations d’espionnage forgées de toutes pièces sur la base de publications en ligne».

Dans un rapport rendu public par Amnesty International sur son site internet, l’Organisation Non Gouvernementale considère Merzoug Touati comme un prisonnier d’opinion, détenu uniquement pour avoir exprimé ses opinions pacifiques. «Amnesty International a examiné les pièces judiciaires qui répertorient à titre de « preuves » les commentaires publiés par Merzoug Touati avant que son compte Facebook et son site Internet ne soient supprimés. Elle a conclu qu’ils ne contenaient ni incitation à la violence ni appel à la haine, et que ses publications entraient dans le cadre de la liberté d’expression en lien avec son travail de journaliste citoyen.» Affirme ledit rapport.

Selon Heba Morayef, directrice régionale pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient à Amnesty International: « Chaque jour que Merzoug Touati passe en prison est un jour de trop et entache un peu plus le bilan de l’Algérie en termes de droits humains. Il est absurde qu’un post exprimant une opinion pacifique sur Facebook puisse entraîner une condamnation à mort. Merzoug Touati incarne les rêves brisés d’une génération dans un pays où la liberté d’expression est régulièrement mise à mal».

Le blogueur et journaliste indépendant Merzoug Touati a été arrêté le 18 janvier 2017 après avoir publié un commentaire sur Facebook et une interview filmée sur sa chaîne YouTube avec un diplomate israélien, dans laquelle ce dernier affirme que son pays avait un bureau de liaison informel dans la capitale algérienne. Le 22 janvier 2017, le juge d’instruction du tribunal de Béjaïa a ordonné la détention provisoire de Merzoug Touati et le 24 octobre, la chambre d’accusation du tribunal de Béjaïa a soumis l’affaire au tribunal pénal, inculpant Merzoug Touati d’« incitation à prendre les armes contre l’autorité de l’État », « incitation à un attroupement non armé », « intelligence avec une puissance étrangère dans le but de nuire aux relations diplomatiques » et « incitation à des rassemblements et des sit-ins dans des lieux publics ».

En novembre 2017, les avocats de la défense ont fait appel de l’acte d’inculpation devant la Cour suprême. Toutefois, en avril 2018, Merzoug Touati leur a demandé de renoncer à l’appel, car il craignait que la procédure ne prenne plus de temps que le jugement du tribunal pénal, précise le rapport d’Amnesty International.

 

Migrants subsahariens : l’Algérie accusée de « répression discriminatoire »

Les autorités algériennes ont une nouvelle fois été accusées de discrimination envers les migrants subsahariens par l’Organisation de défense des droits de l’Homme Amnesty International.

« Les autorités algériennes ont lancé une répression discriminatoire contre les ressortissants de pays tiers, et ont arrêté et expulsé de force plus de 2000 migrants. » a écrit Amnesty International dans un communiqué publié ce lundi. « Parmi les personnes expulsées figurent plus de 300 mineurs, dont au moins 25 mineurs non-accompagnés » ajoute le document.

Selon l’ONG, la police et la gendarmerie nationale ont procédé depuis le 22 septembre dernier à « l’arrestation arbitraire de migrants dans la capitale et sa périphérie ». « D’après les recherches menées par Amnesty International, ces arrestations se fondaient sur le profilage ethnique, car les policiers et gendarmes n’ont pas cherché à savoir si les migrants séjournaient légalement en Algérie, ne vérifiant ni leurs passeports ni d’autres papiers. Parmi les migrants arrêtés et expulsés, certains étaient  sans papiers, mais d’autres avaient des visas en cours de validité » lit-on également  dans le communiqué.