Traite d’êtres humains : des algériens réduits en esclavage en Libye ?

L’affaire de la traite d’êtres humains en Libye, révélée il y a quelques jours par la chaîne américaine CNN qui avait pu filmer la vente de migrants clandestins dans un marché d’esclaves, livre de nouveaux détails.

En effet, selon le site de presse marocain « Telquel Arabi » qui a pu rapporter des témoignages, ce ne sont pas seulement les migrants des pays d’Afrique subsaharienne qui sont réduits à l’esclavage sur le territoire libyen. Environs 200 marocains candidats à l’immigration clandestine ont en effet subi la traite en Libye, rapporte ledit site marocain. « Un gang nous avait séquestrés et pris contact avec le chef d’un réseau d’immigration clandestine pour nous vendre. La transaction a eu lieu. Notre acquéreur nous a obligés à payer le double de la somme qu’il a déboursée pour nous acheter. L’armée a fini par donner l’assaut contre les maisons que nous habitions à Sabratha (nord-ouest de la Libye) et nous avons fini dans un centre de rétention » témoigne un migrant marocain victime de la traite en Libye.

« Quand vous arrivez en Libye et que vous tombez entre les mains des réseaux d’immigration clandestine, vous mettez de côté votre dignité et vous devenez un esclave qui doit faire tout ce qu’on lui demande. Vous pourrez être tué sans que personne ne soit au courant » dit un autre.

Des esclaves algériens au pays de Kadhafi ? :

Ces nouvelles révélations renseignent sur la gravité de la situation en Libye, où des mesures draconiennes ont été prises par les gardes-côtes pour enrayer le flux de migrants qui prennent la mer depuis les côtes de ce pays pour rejoindre l’Italie. Une situation qui a contraint les passeurs de migrant à changer de « travail » et à réduire leur « clientèle » en esclavage. À noter que des migrants clandestins issus des pays d’Afrique subsaharienne, du Maroc et d’Algérie transitent par la Libye pour rallier les côtes italiennes. La présence de marocains parmi les personnes réduites en esclavage n’écarte pas la possibilité qu’il y ait des algériens qui ont pu subir le même sort, et la présence d’algériens détenus en Libye, dont une quarantaine ont été rapatriés en Algérie il y a quelques jours, contribue à renforcer une telle thèse malgré l’absence d’informations pouvant la confirmer.